(Portland, Oregon) Des forces de la police et de la Garde nationale de l’Oregon ont pourchassé mercredi soir des centaines de manifestants d’extrême gauche dans le centre de Portland et ont procédé à au moins 10 arrestations.

Agence France-Presse

Cette ville du nord-ouest des États-Unis qui est le théâtre de manifestations depuis l’été a été placée en alerte renforcée par la gouverneure de l’Oregon, Kate Brown.

Mme Brown a prolongé un état d’urgence instauré pour la nuit de l’élection présidentielle pour prévenir des manifestations violentes.

Le bureau du shérif du comté de Multnomah a déclaré que la situation de « violence généralisée » qui prévalait correspondait légalement à une émeute, après l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir lancé un cocktail Molotov.

Il a averti à plusieurs reprises que les forces de l’ordre pourraient employer des munitions et du gaz lacrymogène.

« Quittez la zone »

« Le rassemblement dans le centre de Portland est considéré une situation d’émeute. Quittez la zone immédiatement », a annoncé le bureau du shérif sur Twitter vers 20 h 30 heure locale (23 h 30 heure de Montréal).

Un journaliste de l’AFP présent sur les lieux a vu deux arrestations pendant un accrochage.

Un étudiant de 38 ans, Michael Ream, a été appréhendé par des policiers qui lui ont passé les menottes. « C’est toujours la même chose », a-t-il dit, le visage ensanglanté, déplorant « le comportement horrible de la police ».

Plus tôt, les manifestants ont participé à un rassemblement pacifique dans un parc du centre de Portland, où un ensemble de groupes d’extrême gauche ou anticapitalistes proposaient des conférences et de la musique.

Portland, une ville très libérale, est depuis des mois le théâtre de manifestations dénonçant les cas d’abus de la force de policiers contre des Afro-Américains en divers endroits des États-Unis.

Au cours des incidents de la soirée, les policiers ont saisi des armes dont un fusil chargé, un couteau, des marteaux et des feux d’artifice utilisés comme projectiles, a tweeté le bureau du shérif.

Il a signalé que des manifestants avaient lancé des bouteilles et d’autres objets sur les policiers et brisé des vitrines de magasins.

Evan Burchfield, qui s’est présenté comme un organisateur de manifestations, a déclaré à l’AFP que la municipalité de Portland utilisait la police comme « un instrument de répression politique » depuis des années. Selon lui, « rien ne va vraiment changer » si le candidat démocrate Joe Biden est élu président des États-Unis.

Un autre groupe de manifestants rassemblés mercredi non loin de la rivière qui passe à Portland ont affirmé leur intention de « protéger les résultats » de l’élection présidentielle très serrée de mardi, alors que des comptages continuent dans certains États et que l’équipe de campagne de Donald Trump a engagé des recours devant la justice.

Ces militants brandissaient des banderoles proclamant « Comptez chaque vote » et « Le vote est terminé. La lutte continue ».

« Nous voulons que Trump parte, c’est l’objectif principal », a lancé un manifestant, acclamé par le groupe.

Plusieurs manifestants portaient des armes à feu, dont des fusils. Une banderole portant des slogans antiracistes et anti-impérialistes montrait l’image d’un fusil d’assaut et le slogan « On ne veut pas de Biden. On veut la vengeance ».