Au printemps dernier, le président Donald Trump avait évoqué avec mépris « cette femme au Michigan », sans jamais dire le nom de la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer, qui avait critiqué sa gestion de la pandémie. Loin de miner la crédibilité de la gouverneure, l’expression est devenue une marque de fierté dans un État où le vote des banlieues, et particulièrement celui des femmes, sera déterminant.

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

L’éveil politique d’une femme de la banlieue

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Paula Martinos-Mantay, de Royal Oak au Michigan, ne croyait jamais militer activement en politique, mais l’élection de Donald Trump en 2016 a tout changé.

Detroit — Le soir du 8 novembre 2016, Paula Martinos-Mantay regardait le résultat des élections, pétrifiée devant sa télé. Le lendemain, cette résidante d’une banlieue de Detroit qui n’avait jamais milité de sa vie s’est juré qu’elle ferait tout pour empêcher la réélection de Donald Trump.

Ce que Paula Martinos-Mantay n’a pas oublié des dernières élections présidentielles, c’est le jour d’après.

Encore sonnée par le résultat de la veille, elle était au comptoir du magasin UPS qu’elle tenait alors avec son mari, en banlieue de Detroit. Un client, un habitué, est entré. Il portait une affiche pro-Trump qu’il tenait à lui montrer, victorieux. « Il s’est vanté qu’il était de cette “majorité blanche silencieuse des banlieues’’, et qu’il était tanné des présidents noirs… J’étais enragée. Il était fier de me dire ça, en pleine face ! »

Ce jour-là, dit-elle, elle s’est juré qu’elle ferait tout en son pouvoir pour empêcher la réélection de Donald Trump. « Et Dieu sait que ç’a été quatre longues années… J’avais encore les cheveux noirs à l’époque ! »

Elle rit et soupire à la fois. Au moment de notre rencontre, dans un café de Royal Oak, en banlieue de Detroit, il reste encore 45 jours avant les élections. Paula Martinos-Mantay est fatiguée. Les dernières années ont été intenses, particulièrement depuis la vente de ses commerces, qui lui a permis de se consacrer entièrement au militantisme politique.

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Un appel au vote à Royal Oak, en banlieue de Detroit

Originaire de l’Ontario, Paula Martinos-Mantay vit aux États-Unis depuis 35 ans. Ses deux enfants, aujourd’hui jeunes adultes, sont nés ici. Elle a décidé de prendre sa citoyenneté américaine quand George W. Bush a été élu, en 2000. « Ça ne m’importait pas avant que Bush soit élu. »

L’élection de Barack Obama a été un moment de grâce. « J’ai sauté de joie quand il a été élu, se souvient-elle. J’étais heureuse que W. Bush soit parti, j’étais emballée par le changement qui s’annonçait dans ce pays. J’exultais ! »

Mais ce souvenir joyeux s’est terni avec le temps. « Quand j’y repense, j’étais un peu comme cet homme avec sa pancarte dans ma boutique, en 2016… » Sa joie exubérante aurait-elle été perçue comme de l’arrogance par les républicains de son entourage ? « Oui. Ce n’était pas mon intention. Ce que je disais, c’était simplement : “Mon candidat a gagné ! C’est formidable !’’ Mais quand j’y repense, je peux encore voir le regard hostile sur leurs visages. »

Après deux mandats de Barack Obama, l’élection d’Hillary Clinton en 2016 ne faisait aucun doute dans son esprit. Cette année-là, elle a participé de loin à la campagne démocrate. « Chaque semaine, j’envoyais un peu d’argent. J’ai donné le maximum d’argent que je pouvais. Je n’avais aucun doute concernant son élection. Je n’ai jamais pensé à aller cogner aux portes, à faire des appels téléphoniques. Je ne connaissais rien là-dedans. »

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Paula Martinos-Mantay

Et Hillary a perdu. Quand Paula Martinos-Mantay s’est remise du choc, elle s’est intéressée à la politique. Elle a participé à la fondation de StateWide Indivisible Michigan, une organisation qui vise à faire élire des démocrates à la Chambre des représentants de l’État pour renverser la majorité républicaine. « Avant, je ne savais même pas qui était mon représentant au Capitole du Michigan. Aujourd’hui, je le connais personnellement. Je connais aussi mon représentant au Congrès à Washington, j’ai aidé à son élection, je peux lui téléphoner si je veux. »

« En fait, dit-elle, personne n’aurait pu dire en novembre 2016 que je serais assise aujourd’hui, avec vous. »

Un mouvement de femmes

S’il y a une chose pour laquelle elle peut remercier Donald Trump, dit la militante, c’est de l’avoir poussée à intégrer un réseau de citoyens engagés où elle a tissé des liens précieux. « Ce sont des organismes où l’on trouve une majorité de femmes, et dont la plupart se sont engagées comme moi après 2016. Elles ont réalisé comme moi que si nous ne faisions rien, nous étions celles qu’il fallait blâmer s’il est toujours en poste après ces élections. »

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La gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer

Au Michigan comme dans plusieurs États, les femmes constituent un électorat-clé. Donald Trump s’est adressé quelquefois aux « femmes au foyer dans les banlieues » (suburban housewives) dans ses nombreux appels pour éviter la « destruction » de leurs villes avec les manifestations du mouvement Black Lives Matter. Mais les électrices américaines ne semblent pas partager son avis. Dans un sondage NPR/PBS publié fin juin, 65 % de ces femmes des banlieues se disaient insatisfaites du travail du président. Au Michigan, selon un sondage du Detroit Free Press en septembre, seulement 37 % des femmes avaient une opinion favorable de Trump, alors que 51 % des femmes du Michigan avaient voté pour lui en 2016.

Pourquoi certaines de ces femmes qui avaient voté pour Trump ne le feront-elles pas cette année ? Peut-être parce que plusieurs privilégiées ne peuvent tout simplement plus fermer les yeux, croit Paula Martinos-Mantay. « Si vous êtes une femme blanche des banlieues, vous ne vivez pas de profilage racial, vous vivez confortablement, il y a de la nourriture sur la table, vous avez un toit sur vos têtes, vous et votre mari avez probablement un emploi en télétravail, vous avez probablement acheté un ordinateur portable à vos enfants pour qu’ils suivent l’école à distance pendant la pandémie », énumère-t-elle.

Tout ce chaos à la Maison-Blanche ne dérangeait pas ces femmes privilégiées, tant que leur vie n’était pas affectée. Là, les enfants ne peuvent pas aller à l’école, elles ne peuvent pas aller au restaurant ou voyager… Quand on regarde ça, elles pourraient faire la différence.

Paula Martinos-Mantay

Et au Michigan, particulièrement, les femmes ont été directement interpellées dans les derniers mois. Outre le désormais célèbre « cette femme du Michigan » lancé avec mépris par Donald Trump au printemps pour la désigner, les opposants de la gouverneure Gretchen Whitmer usent habituellement d’un vocabulaire injurieux à son endroit. La secrétaire d’État du Michigan, Jocelyn Benson, a également reçu un lot d’insultes par le président Trump sur Twitter.

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Des manifestants réunis devant le Capitole du Michigan, 
à Lansing, en mai dernier, pour dénoncer le confinement décrété par la gouverneure Whitmer.

« Cet homme a si peur des femmes fortes », dit Paula Martinos-Mantay. Elle et ses compagnes ne prévoient pas de se reposer le matin du 4 novembre. « Si les républicains gagnent, tous ceux qui ne veulent pas de Trump vont descendre dans les rues. Si les démocrates gagnent, des fous armés, ceux dont nous avons le plus peur, vont sortir. »

Comme pour confirmer ses craintes, le FBI a justement arrêté quelques jours plus tard 13 miliciens liés à un groupe d’extrême droite qui prévoyaient de kidnapper la gouverneure Whitmer et des responsables du gouvernement avant l’élection présidentielle…

PHOTO JEFF KOWALSKY, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Des hommes armés se sont présentés au Capitole du Michigan, le printemps dernier. Sur la photo, William Null (à gauche) 
et Michael Null (à droite) font partie des 13 miliciens arrêtés 
le 8 octobre pour avoir comploté l’enlèvement 
de la gouverneure.

« Nous ne tenons rien pour acquis. Mais je sens que ça bouge dans notre sens, dit Paula Martinos-Mantay. Au Michigan, on a perdu par 10 704 votes en 2016. Ce chiffre est tatoué dans ma tête. À chaque réunion politique à laquelle je participe depuis 2016, j’écris le chiffre : 10 704. Soit deux votes par bureau de vote. Si j’avais pu faire quelque chose, j’aurais changé ça. »

D’autres femmes au front

Cette année marque le 100e anniversaire de l’adoption du 19e amendement de la Constitution américaine qui garantit et protège le droit de vote des femmes. Le League of Women Voters (LWV), un organisme non partisan fondé par des suffragettes en 1920, reste toujours actif dans la promotion du droit de vote pour tous. Nous avons rencontré ses représentantes au Michigan.

Rhonda Craig (Detroit)

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Rhonda Craig, de la League of Women Voters de Detroit

« Selon ce qu’on entend, il y aurait trois fois plus de gens qui se sont inscrits cette année sur les listes électorales. Je crois qu’il y aura aussi un taux de participation plus élevé, au moins ici, à Detroit. Je vois les générations plus âgées qui font pression sur les jeunes sur l’importance d’aller voter. Et c’est ce que je dis aux grands-parents, d’en parler à leurs petits-enfants. Ils ont vécu les restrictions au droit de vote, surtout les Afro-Américains. Ils savent que voter est une façon de réduire la discrimination raciale. Ils se souviennent d’une époque où il avait une bataille simplement pour avoir le droit de vote. Alors, ce qu’ils disent c’est : votez, parce qu’il y a des gens qui ne veulent pas que vous votiez. »

Courtney Winell (Grand Rapids), Fran Eckenrode et MerriKay Oleen-Burkey (Kalamazoo)

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Courtney Winell, Fran Eckenrode et MerriKay Oleen-Burkey

« Je pense que les gens trouvent toujours de nouvelles façons de restreindre le droit le vote, à mesure que les vieilles ne fonctionnent plus », dit Fran Eckenrode. Elle cite l’exemple de la Géorgie, où les autorités ont été critiquées pour avoir purgé des milliers de noms des listes électorales avant l’élection du gouverneur en 2018. « On estime que 80 % des noms retirés étaient des gens racisés. On ne sait pas pourquoi c’est tombé sur eux. Mais la course était serrée, et ça a pu affecter le résultat. » Les trois femmes choisissent prudemment leurs mots, insistant pour dire que leur combat est non partisan, mais reconnaissant qu’un « certain parti » a plus tendance que l’autre à mettre des embûches sur le chemin du bureau de vote. Benjamine du groupe, Courtney Winell a décidé de s’engager dans la LWV il y a quatre ans. « Oui, c’est à peu près au moment des élections de 2016…, dit-elle en riant. J’ai senti à ce moment que je devais en faire plus. »

Des aînés courtisés

Au Michigan, les électeurs aînés sont dans la ligne de mire des démocrates, dit le politologue Corwin Smidt. En 2016, au Michigan, les électeurs âgés de plus de 65 ans ont été légèrement plus nombreux à choisir les républicains que les démocrates. « Mais cette année, dans ce segment, Joe Biden fait aussi bien que Trump, sinon mieux. Ce groupe d’âge représente une bonne partie de l’électorat du Michigan, soit environ 30 % – le Michigan est l’un des États les plus âgés au pays. » — Judith Lachapelle, La Presse

Deux comtés qui comptent

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Affiches pro-Trump dans le comté de Cass, dans le sud-ouest du Michigan

Au Michigan comme ailleurs au pays, un fossé sépare les villes démocrates des campagnes républicaines. Coup d’œil sur deux comtés à surveiller.

Kent : le convoité

Sparta, Michigan — Sur la liste des comtés à surveiller dans tout le pays, celui de Kent figure sur la plupart des radars. Le réseau NBC se demandait même, en novembre dernier, si ce n’était pas le seul comté à surveiller dans tout le pays, celui qui allait donner le ton à l’élection.

On retrouve dans le comté de Kent une grande ville, Grand Rapids (200 000 personnes), et ses banlieues en croissance, de même qu’une portion rurale. Les républicains gagnent ici depuis 1968 – avec une petite exception pour Barack Obama en 2008. Le comté a toujours été considéré comme rouge foncé, comme les pommes qui font la fierté du village de Sparta, où habite Russell Yonkers.

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Drapeaux pro-Biden que Russell Yonkers a installés devant sa maison

Sa maison ne passe pas inaperçue : de grands drapeaux bleus flottent au vent, les rares couleurs démocrates qu’on croise dans le coin. « Vous ne pouvez pas vous imaginer combien de personnes s’arrêtent pour me demander où ils peuvent s’en procurer ! », dit-il, en s’asseyant sur la galerie.

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Russell Yonkers

En 2016, Donald Trump avait remporté le comté de Kent avec une avance confortable de 10 000 voix. Deux ans plus tard, aux élections de mi-mandat, l’enthousiasme de Kent pour des élus républicains avait fondu. Non seulement Kent avait préféré une candidate démocrate au Sénat (c’est finalement le républicain John James qui a été élu), mais il a aussi choisi une gouverneure démocrate, Gretchen Whitmer, pour la première fois depuis des décennies.

En y regardant de plus près, donc, Kent n’est plus aussi rouge qu’il ne l’a déjà été. En 2016, Hillary Clinton a remporté 62 % des voix à Grand Rapids. Et comme dans plusieurs villes américaines, les banlieues comme Wyoming et Kentwood sont en train de virer tranquillement au bleu à mesure que les citadins y déménagent.

Les démocrates ne s’en cachent pas : Kent est à leur portée et ils y mettent le paquet.

En plein pays de la pomme, Sparta reste encore très républicaine. Russell Yonkers serait étonné que son village change d’allégeance cet automne comme lui-même l’a fait, en 2016. Républicain depuis toujours, il n’a pas supporté de voir Donald Trump devenir le chef du parti. « Mais avec Hillary Clinton, les démocrates avaient choisi la candidate la moins susceptible d’être élue », dit celui qui a pourtant voté pour elle. Joe Biden, dit-il, ne suscite pas autant d’opposition, et malgré le vacarme des caravanes trumpistes qui traversent son village le week-end, il croit que beaucoup d’électeurs silencieux de Kent ne partagent pas l’engouement affiché par leurs voisins. « Je vois que les démocrates autour de moi sont nerveux. Mais je crois que les partisans de Trump ne sont pas plus nombreux. Ils sont seulement plus bruyants. »

CASS : le baromètre

Vandalia, Michigan — Si le comté de Kent attire beaucoup d’attention de la part des observateurs, celui de Cass passe pratiquement inaperçu. Et pourtant, estime Corwin Smidt, professeur en sciences politiques à l’Université du Michigan, ce comté du sud-ouest de l’État est le comté baromètre du Michigan par excellence.

« Le problème avec Kent est que la ville de Grand Rapids évolue dans le sens contraire du reste de l’État, dit Corwin Smidt. La prospérité économique là-bas n’est pas représentative de ce qui se passe ailleurs dans l’État. »

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Affiches électorales dans le comté de Cass

La proportion de la population qui détient un diplôme d’études supérieures est aussi plus élevée qu’ailleurs. Le comté de Cass, largement rural, parsemé de petites villes ouvrières dont les Main Street ont souvent connu des jours meilleurs, est plus représentatif de l’ensemble du Michigan. Pour savoir ce que les « Michiganders » pensent de l’élection, suggère le professeur Smidt, c’est aux électeurs de Cass qu’il faut le demander.

« Ah bon ? », s’étonne Earl Dean, rencontré devant sa maison de la municipalité de Vandalia, à trois heures de route à l’ouest de Detroit. Sur sa pelouse, il a planté des affiches Biden. Il n’y avait pas d’affiches démocrates en 2016. En fait, aux dernières élections, Earl Dean n’a pas voté du tout. « Parce que je n’aurais jamais pensé que Trump serait élu !, dit-il en s’esclaffant. Je le regrette depuis ce jour. »

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Earl Dean

Il n’est pas le seul à ne pas avoir exercé son droit de vote en 2016. Cette année-là, 74 % des Michiganders s’étaient enregistrés pour voter, mais seulement 64 % ont exercé leur droit. En 2016, 61 % des électeurs du comté de Cass ont voté pour Donald Trump.

Ce qui a le plus insulté Earl Dean depuis quatre ans ? La façon dont Donald Trump a désavoué publiquement ses propres services de renseignement dans l’enquête sur l’implication russe dans la campagne électorale de 2016.

J’ai passé 20 ans dans l’armée. Si j’avais fait la même chose qu’il a faite, je serais aujourd’hui à la prison militaire de Fort Leavenworth au Kansas.

Earl Dean

Joe Biden n’était pas son candidat favori aux primaires ; il préférait Pete Buttigieg, le maire de South Bend, en Indiana, juste de l’autre côté de la frontière. « Mais c’est surtout parce que c’est un vétéran de l’armée, lui aussi. » Il n’a que de bons mots pour la colistière de M. Biden. « Kamala Haris sera la meilleure vice-présidente qu’on n’a pas eue depuis des années. Elle n’a pas peur de se tenir debout et de dire les choses comme elles le sont. »

Un peu plus au nord, près de Marcellus, Bruce et Jennifer Dean (aucun lien de parenté avec Earl Dean) voteront pour Donald Trump, comme en 2016. « Je fais plus d’argent qu’avant, dit Bruce Dean, qui travaille comme emballeur dans un entrepôt, avant d’énumérer tout ce qu’il apprécie des républicains. L’essence coûte moins cher, ils sont contre l’avortement, ils ont réduit les impôts, ils s’attaquent à la Chine… »

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Bruce et Jennifer Dean

« Je pense que Joe Biden n’a pas les capacités mentales pour être président, ajoute Bruce Dean. Et je ne crois pas à ce que disent les sondages non plus. » Des sondages qui, depuis le début de la campagne, montrent à peu près tous une avance de Joe Biden dans le Michigan. Et dans le comté baromètre de Cass ? Difficile à prédire, dit Earl Dean. À l’œil, les pancartes Trump sont plus présentes que les pancartes Biden. « Mais je ne crois pas qu’il soit aussi populaire qu’il l’était. »