(Washington) Peu après 18 h 30 lundi soir, Donald Trump a quitté l’hôpital militaire Walter Reed sur ses deux jambes, tapotant une rampe au passage en se dirigeant vers l’hélicoptère Marine One pour rentrer à la Maison-Blanche. Son hospitalisation de 72 heures et les réponses évasives de ses médecins ont continué d’alimenter les questionnements sur la gravité réelle de son état.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

En sortant de son hélicoptère lundi soir, Donald Trump a gravi les marches de la Maison-Blanche et a enlevé son masque. Il s’est tenu devant la porte, ornée de drapeaux américains, éclairés par l’énorme chandelier. Il a ensuite levé les pouces en l’air, est resté un court instant, avant de faire un salut et de rentrer.

« Je me sens vraiment bien ! N’ayez pas peur de la COVID. Ne la laissez pas dominer vos vies », avait écrit sur Twitter, plus tôt en après-midi, le président américain en annonçant son congé de l’hôpital.

Il a aussi invité les Américains à sortir, tout en restant prudents. « N’en ayez pas peur, vous allez la battre », a-t-il indiqué. Plus de 210 000 Américains sont morts de la COVID-19, et plus de 7,4 millions ont été infectés depuis le début de la pandémie.

Le septuagénaire n’est pourtant « pas encore sorti du bois », a admis son médecin Sean Conley lors d’une conférence de presse en après-midi. Il sera suivi à la Maison-Blanche par une équipe de pointe, 24 heures sur 24.

Le président, qui a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir reçu un diagnostic positif à la COVID-19, a souffert de fatigue, de toux, d’une forte fièvre et de congestion nasale, sans toutefois éprouver des problèmes d’essoufflement.

« Prudemment optimistes »

« Nous demeurons prudemment optimistes », a dit le DConley, rappelant que le virus est encore méconnu.

Selon un document publié par les Centers for Disease Control and Prevention, des difficultés respiratoires peuvent apparaître dans les cinq à huit jours après avoir contracté la maladie.

On ignore le moment où le président, qui dit être testé régulièrement, a reçu son dernier test négatif, mais son congé de l’hôpital, après 72 heures, a suscité des interrogations.

L’équipe médicale a assuré lui avoir donné son feu vert pour quitter l’hôpital.

Le médecin de Donald Trump a été accusé de brosser un portrait trompeur de la situation et de manquer de transparence. Le DConley a d’ailleurs admis dimanche que l’état de son patient était plus grave que ce qui avait d’abord été communiqué : à deux reprises, Donald Trump a reçu de l’oxygène, alimentant la méfiance sur les informations transmises par l’équipe médicale.

Questionné à plusieurs reprises sur une possible pneumonie du président et sur les résultats de ses radiographies, le DConley a refusé de répondre précisément aux journalistes. « Nous avons fait des observations attendues, mais rien de majeur d’un point de vue clinique », a-t-il dit, ajoutant ne pas être autorisé à en dévoiler davantage.

« C’est sûr que, comme patient, il a droit à un degré de confidentialité, mais jusqu’à un certain point », a dit à La Presse Denise M. Dudzinski, professeure à l’École de médecine de l’Université de Washington, spécialisée en éthique. « Il occupe une fonction centrale, le public est en droit de s’attendre à certaines informations. »

Plusieurs personnes infectées

Dans la soirée lundi, Donald Trump a assuré qu’il sera de retour sur la route de la campagne « bientôt ». Pour l’instant, il devrait cependant rester confiné.

Son administration s’est d’ailleurs attiré les critiques alors qu’une douzaine de personnes proches du président ont été infectées. Lundi, la porte-parole de la Maison-Blanche Kayleigh McEnany a annoncé avoir été infectée par le virus. Elle s’était pourtant présentée devant les journalistes, enlevant son masque lors d’une conférence de presse à l’extérieur, la veille, alors qu’elle aurait dû être en quarantaine préventive.

Des personnes présentes à des événements où se trouvaient des membres de l’entourage de Donald Trump dans les derniers jours ont dit ne pas avoir été contactées par la Santé publique.

« C’est vraiment, vraiment troublant, a commenté la Dre Dudzinski. Si chaque personne a une responsabilité de mitiger le risque pour autrui, c’est aussi certainement le cas pour le président des États-Unis et son personnel. »

– Avec l’Agence France-Presse