(Madison) Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a accusé mercredi la Chine de tenter de « fomenter » des mouvements de colère aux États-Unis à travers sa critique du racisme.

Agence France-Presse

Le Parti communiste chinois « pense pouvoir étouffer les voix américaines qui lui réclament de rendre des comptes en criant plus fort pour dénoncer le racisme », a-t-il lancé lors d’une intervention inhabituelle pour un secrétaire d’État devant les parlementaires républicains du Wisconsin, un État très disputé en vue de la présidentielle de novembre.

« Il veut fomenter des troubles comme ceux qu’on a vus à Minneapolis, à Portland ou ici, à Kenosha », a-t-il ajouté au Capitole de cet État. « C’est révoltant. Nous ne pouvons pas laisser faire », a-t-il martelé.

Les États-Unis sont confrontés à une vague de colère sans précédent contre le racisme et les brutalités policières depuis qu’un Afro-Américain, George Floyd, est mort étouffé sous le genou d’un policier blanc en mai à Minneapolis, dans l’État du Minnesota. Le mouvement émaillé parfois de violences entre manifestants et forces de l’ordre a été particulièrement suivi à Portland, dans l’Oregon, où le président Donald Trump dénonce des « agitateurs anarchistes ».

Il a été relancé fin août lorsque Jacob Blake, un jeune homme noir, a été grièvement blessé par un policier blanc à Kenosha, dans le Wisconsin.

Mike Pompeo, un des principaux faucons anti-Chine du gouvernement Trump, a cité une lettre d’un diplomate chinois à un élu du Wisconsin pour appuyer ses accusations. Cette lettre évoquait « l’opposition ferme » de Pékin « à la discrimination raciale et à la xénophobie » contre la communauté chinoise au sujet du coronavirus.

« La colère justifiée de l’Amérique contre le Parti communiste chinois pour sa gestion du coronavirus n’a rien à voir avec des questions raciales mais a tout à voir avec les morts, les enfants privés d’école et les emplois perdus », a-t-il insisté.

Le président Trump et son secrétaire d’État ont accusé depuis le printemps la Chine d’avoir menti initialement sur la gravité de la COVID-19 et d’avoir donc permis la propagation de l’épidémie. Ils évoquent régulièrement le « virus chinois », une formule qui suscite l’ire de Pékin mais qui a été aussi dénoncée comme stigmatisante par de nombreux Américains d’origine asiatique.