(Washington) Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, sous pression pour expliquer l’apparente inertie des États-Unis face à des menaces de la Russie contre leurs soldats en Afghanistan, a invoqué jeudi la mort de 300 Russes en Syrie pour démontrer la fermeté de Washington.

Agence France-Presse

Lors d’une audition parlementaire, le secrétaire d’État a été interrogé à plusieurs reprises par des sénateurs démocrates sur l’affaire des « primes russes », à savoir la certitude du renseignement américain, rapportée par plusieurs médias, que la Russie a payé des récompenses à des talibans pour tuer des soldats américains en Afghanistan.

Le président américain Donald Trump a dit cette semaine qu’il n’avait « jamais évoqué » cela avec son homologue russe Vladimir Poutine lors de ses récents entretiens téléphoniques. Il a une nouvelle fois minimisé, voire balayé, ces informations.  

Mike Pompeo n’a pas affirmé clairement s’il avait lui-même évoqué cette affaire avec son propre homologue russe Sergueï Lavrov.

« Je peux assurer au peuple américain qu’à chaque fois que j’ai parlé avec le ministre des Affaires étrangères Lavrov, j’ai soulevé les questions qui mettent en danger les intérêts américains, qu’il s’agisse de nos soldats sur le terrain en Syrie, de nos soldats sur le terrain en Afghanistan, ou de ce qui se passe en Libye », a-t-il éludé.

Pressé de questions sur l’attitude de Donald Trump, il a fini par dire : « Je ne pense pas qu’il fasse aucun doute dans l’esprit de tous les dirigeants russes, y compris Vladimir Poutine, sur le fait que les États-Unis s’attendent à ce qu’ils ne tuent pas d’Américains ».

« Je peux vous assurer que les 300 Russes qui étaient en Syrie, qui ont menacé l’Amérique et qui ne sont plus de ce monde comprennent cela aussi », a-t-il ajouté.

Mike Pompeo n’a pas dit à quel incident il faisait référence, mais de nombreuses informations ont fait état de frappes aériennes qui ont tué des Russes en février 2018 près de la ville syrienne de Khasham.

Le quotidien New York Times, qui a révélé l’affaire des primes, a écrit que Moscou entendait peut-être riposter à ces frappes ayant tué des centaines de combattants pro-Damas, ainsi que de nombreux mercenaires russes.

La Russie soutient militairement le régime du président syrien Bachar al-Assad.