(Richmond) Les lits se multiplient le long des couloirs des urgences d’un petit hôpital texan, où l’augmentation galopante des cas de coronavirus menace de submerger le personnel soignant.

Julia BENARROUS
Agence France-Presse

Les urgences du Oakbend Medical Center, dans la région de Houston, sont habituellement garanties « sans attente ». Mais face à l’afflux des malades de la COVID-19, le personnel médical a dû redoubler d’ingéniosité pour prendre en charge tous les patients malgré une capacité limitée de 16 lits.

La ville du sud-est du Texas est devenue ces dernières semaines un nouveau foyer de contamination, participant à une impressionnante résurgence du virus dans de nombreux États américains.

« Nous devons malheureusement garder certains patients 24 h ou 48 h dans le service […] avant qu’un lit ne se libère », regrette Bill Hamlyn, directeur des urgences.  

Cheveux protégés par une charlotte, visage couvert par deux masques superposés et parfois une visière en plastique, le personnel s’active pour donner de premiers soins aux nouveaux venus attendant dans les couloirs.

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Près d’un lit placé contre un mur, une lampe aux rayons ultraviolets stérilise l’air de la pièce en aspirant environ 115 m2 d’air par minute.  

« Salle d’attente COVID »

Vêtu d’une blouse bleue de protection nouée à la taille, un infirmier enfile une deuxième paire de gants avant de sortir un patient de la « salle d’attente COVID », dont la porte est matérialisée par une bâche blanche scellée par des fermetures éclair.  

Dans cette zone séparée du reste des urgences pour minimiser les risques de contamination des autres malades, les patients atteints de la COVID-19 attendent qu’on leur attribue un lit.  

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Mercredi, quatre des 16 lits des urgences du centre médical Oakbend, situées au rez-de-chaussée du bâtiment, étaient des « malades COVID ».

Pour libérer des places, l’hôpital a notamment mis au point un service d’oxygène à domicile pour les patients dont l’état est stable mais qui requièrent de l’oxygène.  

L’accompagnement se fait aussi quotidiennement par vidéoconférence avec un « partenaire COVID » qui prend des nouvelles du malade. « C’est l’une des façons dont nous essayons de garder les patients hors de l’hôpital et de maximiser notre espace », détaille Bill Hamlyn.

Les personnes atteintes du virus sont « bien plus jeunes » depuis le week-end férié de Memorial Day fin mai, assure la coordinatrice des urgences Donna Jameson.  

Sur plus de 26 000 patients dont les cas ont été analysés par les autorités sanitaires du Texas, près de 5000 avaient entre 20 et 29 ans.

Plus jeunes et plus malades

À l’étage, la petite unité de soins intensifs comptait mercredi cinq patients positifs au coronavirus sur les 12 occupants.  

Sous sa blouse bleue et sa charlotte rouge, Niticia Mpanga, spécialisée dans le traitement des maladies respiratoires,  évoque des patients plus nombreux qu’avant à être hospitalisés avec « une détresse respiratoire sévère », nécessitant un respirateur.  

Depuis le 1er juillet, le nombre de cas détectés de coronavirus au Texas a augmenté d’environ 70 %.

Il faudrait confiner la métropole de Houston « au moins 10 jours », estime un médecin urgentiste qui souhaite conserver l’anonymat. « Cela donnerait à certains des malades le temps de se rétablir et de rentrer chez eux. »

Selon lui, le Texas a besoin « d’un meilleur leadership politique ».  

L’agglomération de Houston compte plus de 6,5 millions d’habitants et les autorités sanitaires ont fait état mercredi de seulement 79 lits disponibles en unité de soins intensifs.

Le Texas est l’un des premiers États américains à avoir rouvert son économie. Dès le 1er mai, les restaurants et commerces de Houston, la quatrième ville des États-Unis, avaient ainsi pu rouvrir à capacité réduite, suivis par les bars et salons de soins esthétiques, comme dans le reste de l’État.  

Mais quelques semaines plus tard, le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a dû refermer les bars et il a récemment ordonné le port du masque obligatoire dans les lieux publics.  

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Le gouverneur du Texas, Greg Abbott

« Si tout le monde adopte la pratique du port du masque pendant les quatre prochaines semaines, nous pourrons maîtriser la COVID-19 », a déclaré Greg Abbott à une chaîne de télévision locale mercredi soir.  

Au moins 2884 patients atteints du virus sont actuellement hospitalisés dans la région de Houston, selon les derniers chiffres des autorités sanitaires texanes.