(Washington) Faut-il reconfiner une partie des États-Unis ? Des élus s’alarmaient dimanche de la flambée des cas de coronavirus dans leurs villes du Sud et de l’Ouest américain minimisée par le président Donald Trump.

L’Amérique, qui enregistre depuis plus d’une semaine des infections record, célébrait ce week-end sa fête nationale, réputée pour ses réunions familiales, barbecues, et feux d’artifice, en dépit de la pandémie.

Sur la plage new-yorkaise de Coney Island rouverte à la baignade depuis mercredi, rares sont les vacanciers à bronzer masqués. Mark Ruiz, venu pique-niquer avec sa femme et ses deux enfants se dit « clairement inquiet », mais n’imaginait pas rester chez lui pour les festivités du 4 juillet.  

« J’ai besoin de faire sortir mes enfants », confie l’homme de 37 ans. « Nous ne pouvons pas rester dans une bulle tout l’été. »

Tentant de maîtriser la propagation du virus que les autorités admettent ne pas contrôler totalement, certains États ont mis sur pause voire rétropédalé dans leur déconfinement.  

Ce week-end, les plages de Los Angeles étaient de nouveau fermées et Miami sous couvre-feu. En cause, un déconfinement jugé trop prématuré, notamment dans le Sud et l’Ouest du pays.  

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Un homme regarde la route menant à la plage Manhattan Beach, en Californie.

« Nous avons été parmi les derniers à se confiner et les premiers à se déconfiner », regrettait auprès d’ABC Kate Gallego, maire de la capitale de l’Arizona, Phoenix.  

Le nombre de patients admis en réanimation dans l’État du Sud-Ouest atteignait des niveaux jamais connus depuis le début de la crise ce week-end, avec près de 90 % de lits occupés.

« Messages ambigus »

Cette hausse spectaculaire est régulièrement minimisée par Donald Trump, qui a assuré samedi que les États-Unis étaient « sur le point » de sortir de cette crise sanitaire. S’exprimant depuis les jardins de la Maison-Blanche pour les célébrations de la fête nationale, il a assuré que « 99 % » des infections au coronavirus étaient « totalement inoffensives ».  

Ne cachant pas son exaspération, le maire démocrate de la ville texane d’Austin a qualifié le ton du président de « dangereux » pour les habitants de sa ville, dont les services de réanimation risquent d’être débordés « d’ici dix jours ».

« Quand ils commencent à entendre des messages ambigus sortir de Washington, de plus en plus d’entre eux ne portent pas de masque, arrêtent la distanciation sociale », a-t-il regretté sur CNN.

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Des automobilistes patientent pour accéder à un site de test de COVID-19 au volant, dimanche à Miami Gardens, en Floride.

L’adversaire du président républicain à l’élection de novembre, Joe Biden, a dénoncé les propos du locataire de la Maison-Blanche : « Donald Trump veut déclarer la fin de cette crise sanitaire et de l’emploi afin de pouvoir retourner à ses rassemblements de campagne. Mais il a tort sur les deux fronts ».

Tout en refusant de contredire la parole présidentielle, le patron de l’agence américaine des médicaments (FDA) Stephen Hahn a exhorté dimanche tous les Américains à « prendre cette situation au sérieux ». La pandémie a fait près de 130 000 morts sur le sol américain et les États-Unis abritent désormais un quart des cas de coronavirus recensés dans le monde.

« Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de faire ce qui fonctionne, un confinement », prônait dimanche Lina Hidalgo, haute responsable du comté qui englobe la ville de Houston, foyer de l’épidémie au Texas.

Les autorités locales ont jusqu’ici été réticentes à inviter les habitants à se reconfiner en raison du poids de cette mesure sur l’économie américaine, déjà mise à mal depuis février.

Mais malgré une hausse des hospitalisations, « les restaurants sont toujours ouverts. Les évènements en intérieur peuvent toujours avoir lieu, quelle que soit leur taille », déplorait-elle. « Voilà ce à quoi je suis confrontée. »