(Washington) La chef des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a appelé jeudi à imposer des sanctions contre le renseignement militaire russe, après avoir reçu une séance d’information à huis clos sur l’affaire de possibles primes versées par Moscou à des insurgés pour tuer des soldats américains en Afghanistan.  

Agence France-Presse

La présidente démocrate de la Chambre des représentants a d’autre part affirmé que la Maison-Blanche s’était opposée par le passé à des sanctions visant « les secteurs du renseignement et de la défense » russes.  

Soit « le secteur même qui est accusé de possibles menaces contre nos hommes et femmes en uniformes », a-t-elle souligné, en allusion aux allégations sur les primes russes.  

« Quoi qu’il arrive, nous nous devons de rétablir ces sanctions (dans un projet de loi, NDLR) et de les mettre en œuvre », a-t-elle martelé.  

Elle a également accusé la Russie de chercher « de nouveau » à s’ingérer dans les élections américaines.  

Nancy Pelosi s’adressait aux journalistes après avoir été informée sur cette affaire à huis clos, avec d’autres hauts responsables du Congrès, par les chefs du renseignement américain.  

Selon le New York Times, suivi par d’autres journaux, le renseignement américain a acquis la conviction que Moscou a distribué des primes à des insurgés pour tuer des soldats américains en Afghanistan. Or ces éléments figuraient dans une note écrite transmise au président fin février, selon le quotidien.

Affirmant qu’il n’existe pas de consensus sur cette affaire au sein de la communauté du renseignement, la Maison-Blanche martèle que le président n’a pas été informé sur cette affaire. Ce qui soulève des questions sur son degré d’implication dans ces dossiers sensibles et sur l’attention qu’il accorde aux documents confidentiels qui lui sont transmis.  

« Bien sûr » que Donald Trump aurait dû être informé directement, même si les allégations n’avaient pas été entièrement vérifiées, a réagi Nancy Pelosi.  

« Ceci est de la plus haute importance », a-t-elle martelé, en rappelant que Donald Trump avait récemment proposé une nouvelle fois d’inviter au prochain sommet du G7 son homologue Vladimir Poutine, qui avait été exclu en 2014 de ce qui était alors le G8 pour avoir annexé la Crimée.