(Los Angeles) Le président américain Donald Trump a défendu dimanche l’action de son gouvernement après des critiques sur la lenteur et les ratés de la lutte contre le coronavirus, qui continue de se propager aux États-Unis.

Andrew MARSZAL, avec Cyril JULIEN à Washington
Agence France-Presse

Au total, plus de 500 personnes y ont contracté le COVID-19, qui a fait au moins 21 morts, dont 17 ayant un lien avec une maison de retraite de l’État de Washington (nord-ouest).

Le sénateur du Texas et ancien candidat à la présidentielle de 2016 Ted Cruz a annoncé dimanche soir sa mise en quarantaine volontaire. Il avait serré la main à une personne porteuse du virus lors du récent grand rendez-vous annuel des conservateurs, auquel ont également participé M. Trump et son vice-président Mike Pence.

Trente États, ainsi que la capitale fédérale Washington, sont désormais touchés, poussant l’État de New York (où 89 cas ont été confirmés), la Californie et l’Oregon à décréter l’état d’urgence.

Cette mesure administrative permet de libérer rapidement des fonds fédéraux, a expliqué dimanche Kate Brown, gouverneure de l’Oregon (nord-ouest), où quatorze cas ont été répertoriés.

Accusé d’avoir déformé la réalité de l’épidémie, Donald Trump a accusé les « médias de désinformation » d’essayer de présenter son gouvernement « sous un mauvais jour ».

« Nous avons un plan parfaitement coordonné et bien préparé à la Maison-Blanche », a-t-il tweeté dimanche.

Le milliardaire républicain a plusieurs fois minimisé la dangerosité du coronavirus, déclarant dans un premier temps qu’il allait disparaître en avril grâce à la hausse des températures. Il a aussi semblé encourager les personnes infectées à ne pas s’isoler, en totale contradiction avec les consignes officielles de mise en quarantaine volontaire.  

Il a également émis des doutes sur les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé concernant le taux de mortalité du virus.

« Erreurs »

Les États-Unis ont décrété début février des interdictions d’entrée sur le territoire aux voyageurs étrangers s’étant récemment rendu en Chine, et imposé des quarantaines.

Pour certains épidémiologistes, ces mesures ont retardé l’arrivée du coronavirus mais la Maison-Blanche a tardé à établir une stratégie contre l’épidémie.

Mike Pence a été nommé coordinateur de la lutte contre le virus le 26 février seulement.

La confection de kits de dépistage du COVID-19 a également connu des ratés, en donnant parfois des résultats non concluants et les autorités sanitaires ont été lentes à les distribuer.

Elles ont aussi mis du temps à procéder de manière plus systématique à des tests dès les premiers cas connus de « contamination communautaire », c’est-à-dire d’une personne n’ayant ni voyagé dans les zones à risques ni été en contact avec un autre malade confirmé.

Par ailleurs, le gouverneur démocrate de l’État de New York Andrew Cuomo a reproché dimanche à l’administration Trump d’avoir été « prise au dépourvu » et d’avoir « menotté » la capacité d’action des États, notamment en réservant au Centre de contrôle des maladies d’Atlanta l’habilitation à analyser les kits de dépistage au début de l’épidémie.

Passagers en quarantaine

« On est passé d’une position de confinement […] à une phase d’atténuation des risques », a expliqué dimanche Jerome Adams, médecin en chef des États-Unis, sur CNN.

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Le médecin en chef des États-Unis, Jerome Adams

Plus de quatre millions de kits devraient être disponibles d’ici la fin de la semaine prochaine, a-t-il fait savoir, avertissant d’une augmentation à venir des personnes infectées et des décès à mesure que les détections se multiplient.

Anthony Fauci, un responsable de la cellule anti-virus à la Maison-Blanche, n’a pas exclu sur Fox News d’éventuelles mises sous quarantaine de grandes zones peuplées ou de villes entières, comme en Italie.

« Je ne veux pas alarmer les gens mais vu la propagation constatée, tout est possible », a expliqué le directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses.

Les autorités californiennes ont indiqué dimanche que les passagers d’un navire de croisière où 21 cas de coronavirus ont été détectés seraient placés en quarantaine ou admis dans des hôpitaux après leur débarquement à partir de lundi à Oakland.

Le Grand Princess transporte 3500 passagers, dont « plusieurs centaines » d’étrangers qui seront rapatriés, et membres d’équipage.

L’épidémie a également entraîné l’annulation de plusieurs grands événements aux États-Unis. La plus spectaculaire a été celle du tournoi de tennis d’Indian Wells, en Californie, qui devait débuter lundi.

Mais les deux principaux candidats de la primaire démocrate, Joe Biden et Bernie Sanders, deux septuagénaires, n’ont pas renoncé aux réunions publiques de campagne, pas plus que le président Trump.