(Washington) Les avocats de Donald Trump ont bouclé lundi leur plaidoirie au procès en destitution du président américain en appelant les sénateurs, qui doivent rendre leur verdict mercredi, à l’acquitter. Inversement, l’accusation démocrate a réclamé sa destitution en concluant un réquisitoire particulièrement dirigé vers les élus républicains, priés de s’élever contre un président « sans boussole morale ».

Agence France-Presse

« Quand un président essaie de forcer un allié à l’aider à tricher dans nos élections, puis cherche à étouffer l’affaire, nous devons dire “ça suffit” », a déclaré l’élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff.

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Le représentant démocrate Adam Schiff, s'adressant aux sénateurs lundi.

« Nous avons prouvé que Donald Trump est coupable. Maintenant, rendez la justice de manière impartiale et condamnez-le », a-t-il lancé aux cent élus de la chambre haute du Congrès, qui rendront leur verdict mercredi.

L’issue du procès fait peu de doutes : la Constitution impose une majorité des deux tiers (67 voix sur 100) pour destituer un président et les 53 élus républicains font pour l’instant bloc derrière Donald Trump.

Adam Schiff leur a adressé une partie de ses derniers arguments. « Vous ne pouvez pas faire confiance à ce président pour qu’il fasse ce qui est bon […] vous ne le changerez pas et vous le savez », leur a-t-il dit, en estimant à « 100 % » la probabilité que le président essaie de « tricher » à nouveau pour remporter l’élection présidentielle du 3 novembre.

La vérité lui importe peu, le bien encore moins et la décence pas du tout.

L'élu démocrate et procureur en chef Adam Schiff

Mais « la vérité vous importe, le bien vous importe, vous êtes des personnes honorables : vous n’êtes pas comme lui ! », a-t-il plaidé, avant d’implorer les élus républicains : « Si seulement l’un de vous, pouvait dire “ça suffit” ! »

Les procureurs démocrates reprochent au milliardaire d’avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle, et d’avoir au même moment gelé une aide militaire cruciale pour ce pays.

Selon eux, le président a usé des moyens de l’État pour « salir » son rival et « tricher » à l’élection puis, une fois démasqué, il a tout fait pour bloquer l’enquête du Congrès.

Trump « n’a rien fait de mal »

« Il n’a rien fait de mal », ont rétorqué lundi ses avocats, en demandant aux élus de l’acquitter.

« Je suis venu ici aujourd’hui pour vous demander de rejeter les chefs d’accusation » d’abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès retenus contre le président, a déclaré l’avocat de la Maison-Blanche Pat Cipollone.  

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Le conseiller juridique de la Maison-Blanche Pat Cipollone, s'adressant aux sénateurs lundi.

Il « n’a rien fait de mal », a-t-il assuré, en le présentant comme victime d’une procédure de destitution « purement partisane » qui vise à l’empêcher de briguer un nouveau mandat lors du scrutin présidentiel du 3 novembre.

« Ce n’est pas bien d’être ici au début de la saison électorale », avec le premier vote de la primaire démocrate lundi soir dans l’État de l’Iowa, a poursuivi M. Cipollone. Selon lui, les sénateurs doivent « faire confiance au peuple américain ».

Laissons [le peuple] choisir le président mais aussi demander des comptes aux élus de la Chambre des représentants.

Le conseiller juridique de la Maison-Blanche Pat Cipollone

M. Cipollone, a reproché aux les représentants démocrates de s'être engagés dans la procédure de destitution. Les électeurs sont d’après lui « fatigués » de ces investigations qui représentent un gâchis de temps, de ressources et d’énergie.

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Les procureurs démocrates reprochent au milliardaire d’avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden, son adversaire potentiel à la présidentielle, et d’avoir au même moment gelé une aide militaire cruciale pour ce pays.

Selon eux, le président a usé des moyens de l’État pour « salir » son rival et « tricher » à l’élection puis, une fois démasqué, il a tout fait pour bloquer l’enquête du Congrès.

Mais pour ses avocats, Donald Trump s’inquiétait de la corruption en Ukraine et pouvait légitimement « poser des questions » sur Joe Biden et les affaires de son fils Hunter dans ce pays.

La Constitution imposant une majorité des deux tiers (67 voix) pour déclarer un président coupable, il a toutes les chances d’être acquitté par le Sénat à majorité républicaine (53 contre 47).