(Palm Beach) Le président américain Donald Trump a partagé sur Twitter une publication où figure présumément le nom du lanceur d’alerte à l’origine de sa destitution par la Chambre des représentants.

Darlene Superville et David Klepper
Associated Press

Juste avant minuit, vendredi, Donald Trump a « retweeté » une publication du compte @Surfermom77, qui appartiendrait à une utilisatrice californienne du nom de Sophia. Le compte présente toutefois certaines caractéristiques d’un robot Twitter, c’est-à-dire un compte automatisé, comme des photos de profil tirées d’internet et un taux d’activité inhabituellement élevé.

Samedi matin, la publication semblait avoir disparu sur le fil Twitter de nombreux utilisateurs, portant à croire que le président l’avait supprimée. Mais la publication est réapparue en soirée.

Twitter a indiqué à l’Associated Press qu’une panne dans l’un de ses systèmes avait rendu les publications de certains comptes, y compris celui de Trump, visibles pour certains utilisateurs, mais pas pour d’autres.

Le président a soutenu à plusieurs reprises les efforts pour démasquer le lanceur d’alerte, mais le partage de cette publication sur Twitter marque la première fois qu’il rend son identité présumée directement disponible à ses 68 millions d’abonnés.

Révéler l’identité du lanceur d’alerte, qui travaille dans le domaine des services de renseignement, pourrait entrer en violation avec des lois fédérales qui ont toujours été soutenues tant par les démocrates que les républicains.

Le lanceur d’alerte a déposé une plainte en août dernier par rapport à une conversation téléphonique entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy. La plainte a poussé les élus démocrates de la Chambre des représentants à lancer une enquête qui s’est conclue par la destitution du président plus tôt ce mois-ci. L’affaire chemine maintenant vers le Sénat, à majorité républicaine, où Donald Trump sera sans doute acquitté.

Les spéculations sur l’identité du lanceur d’alerte circulent depuis plusieurs mois dans les médias américains de droite et sur les réseaux sociaux. Les lois américaines sur les lanceurs d’alerte existent pour protéger l’identité et la carrière des personnes qui soulèvent des allégations contre des responsables gouvernementaux. L’Associated Press ne révèle généralement pas leur identité.