(Washington) Un soldat membre d’une unité d’élite de la Marine américaine, les Navy Seals, défendu bec et ongles par Donald Trump, a été décrit comme « toxique » et « complètement taré » par d’anciens combattants en Irak l’ayant côtoyé, rapporte vendredi le New York Times.

Agence France-Presse

Edward Gallagher, 40 ans aujourd’hui, avait été jugé l’été dernier pour crimes de guerre dans une affaire très suivie aux États-Unis. Il a été déclaré le 2 juillet non coupable du meurtre d’un prisonnier en Irak en 2017 et acquitté de deux tentatives de meurtre sur des civils irakiens.  

Il avait toutefois été déclaré coupable d’avoir posé à côté du corps du jeune homme tué en compagnie d’autres soldats.   

Le sous-officier avait en conséquence été dégradé d’un rang, une sanction qui réduisait sa solde et sa retraite. Mais Donald Trump avait annulé le 15 novembre cette décision de la Marine américaine.  

Le président a continué à défendre le soldat après que la Navy a annoncé poursuivre malgré tout une procédure interne d’exclusion. En désaccord avec la volonté de Donald Trump, le chef de la Navy Richard Spencer a finalement dû quitter ses fonctions.  

Des vidéos obtenues par le New York Times montrent d’anciens membres de l’unité d’élite  d’Eddie Gallagher témoigner dans le cadre d’une enquête préalable à son procès.

« Le gars est complètement taré », dit l’un des plus expérimentés d’entre eux, Craig Miller, au NCIS (Naval Criminal Investigative Service).  

« Ça se voyait que cela ne le dérangeait pas du tout de tuer toute personne qui bougeait », déclare un autre, Corey Scott. « Le mec était toxique », renchérit un troisième, Joshua Vriens.   

« Ma première réaction à ces vidéos a été la surprise et le dégoût qu’ils puissent inventer des mensonges flagrants sur moi », a déclaré au New York Times M.  Gallagher par la voix de son avocat.

Lui et sa femme ont été reçus le week-end dernier dans la résidence de Donald Trump de Mar-a-Lago, en Floride, où le président passe les vacances de fin d’année.