(New York) Le meurtre d’une étudiante de 18 ans, près de son université à New York, rappelle, 30 ans après, l’agression d’une joggeuse à Central Park, pour laquelle cinq jeunes avaient été condamnés à tort.  

Agence France-Presse

Tessa Majors est morte le soir du 11 décembre, dans le parc de Morningside, situé au nord de Manhattan et tout proche du prestigieux Barnard College, qu'elle fréquentait.

La police new-yorkaise a indiqué que la jeune fille – originaire de Virginie, apparemment épanouie, active dans un groupe de rock – avait été attaquée par trois adolescents avec l’intention de la voler, puis poignardée dans ce parc à flanc de colline.  

Hospitalisée d'urgence, elle a été déclarée morte peu après.

Le lendemain du drame, la police arrêtait un jeune noir de 13 ans, déjà incarcéré, inculpé pour meurtre, vol et possession d’armes. Malgré ce lourd passif, les enquêteurs semblent croire à ses affirmations selon lesquelles il n’a pas frappé la victime.  

Neuf jours après le meurtre, ils sont toujours à la recherche d’autres suspects, a confirmé vendredi une porte-parole de la police. À commencer par un autre adolescent, âgé de 14 ans, soupçonné d’être celui qui a donné les coups de couteau mortels.  

Citant des sources policières, des médias ont indiqué qu’il avait disparu après avoir sauté lundi d’un taxi qui l’emmenait au commissariat.

Le chef des inspecteurs new-yorkais, Rodney Harrison, a démenti cette information jeudi, mais n’a donné aucune autre explication ni précision sur l’enquête.

La police est très prudente sur cette affaire, qui a suscité beaucoup d’émoi et des comparaisons avec le scandale des Central Park Five, lorsque cinq adolescents furent condamnés à tort, comme cela fut prouvé des années plus tard, pour l’agression et le viol d’une joggeuse à Central Park en 1989.

AFP

Là aussi, la victime était blanche et les suspects de jeunes noirs ou hispaniques.  

La récente affaire a aussi alimenté les critiques contre le maire démocrate de New York Bill de Blasio, qui se targue régulièrement de diriger «la grande ville la plus sûre des États-Unis», fort de statistiques montrant une baisse continue des homicides depuis la fin des années 1990.

Le président d’un syndicat policier critique du maire, Ed Mullins, a notamment fait allusion à son laxisme supposé, et affirmé que la jeune fille était «dans le parc pour acheter du cannabis».

La famille a qualifié ses propos de «profondément déplacés», et le maire s’est dit «furieux», déplorant une culpabilisation de la victime.