(Washington) L’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, et le secrétaire d’État Mike Pompeo ont eu des contacts dans les mois qui ont précédé l’éviction controversée de l’ambassadrice des États-Unis à Kiev, au cœur de la procédure en destitution contre le président américain, révèlent des documents publiés samedi.

Agence France-Presse

Ces documents officiels du département d’État publiés par l’ONG American Oversight, créée pour dénoncer les dérapages éthiques de l’administration Trump, montrent que les deux hommes se sont téléphoné les 27 et 29 mars, et que le deuxième appel a été effectué à la demande de M. Pompeo, qui a tenté jusqu’ici de se distancer de l’affaire ukrainienne.

Obtenus au nom de la loi sur la transparence du gouvernement, ces documents ne précisent pas la teneur des échanges entre le secrétaire d’État américain et M. Giuliani, l’avocat de M. Trump.  

Mais ils confirment des contacts entre les deux hommes un peu plus d’un mois avant le rappel à Washington, sur ordre du président, de l’ambassadrice à Kiev Marie Yovanovitch, diplomate depuis 33 ans jouissant d’une réputation de grande intégrité.

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L'ancienne ambassadrice des États-Unis en Ukraine, Marie Yovanovitch

Selon le directeur de l’ONG Austin Evers, ils « montrent noir sur blanc des échanges entre Rudy Giuliani, le bureau Ovale et M. Pompeo pour faciliter une campagne de dénigrement d’un ambassadeur des États-Unis ».

M. Giuliani est accusé d’avoir mené une diplomatie parallèle auprès de l’Ukraine pour obtenir une enquête contre l’ancien vice-président Joe Biden, potentiel rival de Donald Trump à la présidentielle américaine et son fils, Hunter.

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir exigé ces enquêtes en échange d’une visite de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche et du dégel d’une aide militaire cruciale. Ils accusent le président d’avoir éliminé Mme Yovanovitch pour laisser le champ libre à des proches pour qu’ils puissent faire pression sur l’Ukraine.

M. Pompeo a démenti jusqu’ici toute implication dans l’affaire ukrainienne, bien que l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne Gordon Sondland ait affirmé devant le Congrès que le chef de la diplomatie avait toujours été tenu au courant des pressions américaines sur l’Ukraine.