(Washington) La Maison-Blanche a publié vendredi, en pleine audition au Congrès dans le cadre de la procédure de destitution visant Donald Trump, un court compte-rendu d’un premier appel entre le président américain et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, qui venait alors d’être élu.

Agence France-Presse

Cette conversation apparemment anodine tranche avec un autre appel entre les deux dirigeants, le 25 juillet, lors duquel M. Trump avait demandé à M. Zelensky de se « pencher » sur son rival démocrate Joe Biden, avait inquiété un lanceur d’alerte aux États-Unis, qui l’avait signalé à sa hiérarchie. C’est cet appel, dont la Maison-Blanche a ensuite également publié une transcription, qui a déclenché l’ouverture par les élus démocrates d’une enquête en destitution du président.

Au moment même où l’audition d’une ex-ambassadrice en Ukraine débutait dans le cadre de cette enquête, la Maison-Blanche a rendu publique la transcription d’un deuxième appel, qui est en réalité le premier entre les deux leaders, ayant eu lieu le 21 avril.

Sans mentionner les enquêtes ou la politique américaine, M. Trump se contente de féliciter M. Zelensky : « J’ai de nombreux amis en Ukraine qui vous connaissent et vous apprécient. […] Ils pensent, franchement – ils s’attendaient à ce que vous gagniez. Et c’est vraiment incroyable ce que vous avez fait ».

« Lorsque vous serez installé et prêt, j’aimerais vous inviter à la Maison-Blanche », lui dit également Donald Trump.  

Selon le témoignage de plusieurs responsables, cette invitation a plus tard été mise dans la balance par Washington comme une récompense faite au leader ukrainien en échange de l’ouverture d’une enquête sur l’ancien vice-président Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne.  

Le président ukrainien, qui lors de l’appel loue plusieurs fois M. Trump comme un « modèle », invite de son côté – sans succès – le président américain à sa cérémonie d’investiture, et lui promet de « travailler son anglais » en vue de leur rencontre.  

Les démocrates soupçonnent le milliardaire républicain d’avoir abusé de ses pouvoirs présidentiels pour son profit politique en demandant à Kiev d’enquêter sur Joe Biden, bien placé pour l’affronter en novembre 2020 à la présidentielle. Donald Trump martèle de son côté que l’appel du 25 juillet était « parfait ».