(Kiev) L’Ukraine rejette tout lien entre l’aide américaine destinée à Kiev et une demande de Donald Trump d’enquêter sur Joe Biden, son rival potentiel à l’élection présidentielle de novembre 2020, au lendemain des auditions publiques à ce sujet au Congrès américain.

Agence France-Presse

Les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles, en conditionnant une aide militaire de quelque 400 millions de dollars destinée à l’Ukraine et une visite à la Maison-Blanche du président ukrainien Volodymyr Zelensky à l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden et son fils, Hunter, qui a été employé par une compagnie gazière ukrainienne.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, ils ont ouvert fin septembre une enquête pour constituer un dossier de mise en accusation, ou impeachment.  

M. Trump lui-même a dénoncé une «chasse aux sorcières».

Mercredi, après six semaines d’auditions à huis clos, les démocrates sont pour leur part passés aux auditions publiques au Congrès.

Leur témoin clé, l’ambassadeur des États-Unis de facto en Ukraine, Bill Taylor, a affirmé lors de ces auditions que l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland, lui avait déclaré en septembre que le dégel des fonds était «conditionné» à l’ouverture des investigations sur Joe Biden.

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Vadym Prystaïko

«L’ambassadeur Sondland ne nous a pas parlé, et sûrement pas à moi, d’un lien entre l’assistance (américaine) et les enquêtes», a assuré de son côté à la presse le chef de la diplomatie ukrainienne, Vadym Prystaïko.

«Je n’ai jamais vu un lien direct entre les investigations et l’assistance militaire», a insisté M. Prystaïko, cité par l’agence Interfax-Ukraine.

Lors d’un entretien téléphonique le 25 juillet, M. Trump a bien demandé à son homologue ukrainien de «se pencher» sur Joe Biden et son fils, Hunter.

Pour sa part, Donald Trump martèle que l’appel avec M. Zelensky était «parfait».