(Washington) L’État américain du Dakota du Sud a exécuté lundi soir un condamné à mort qui estimait que son procès avait été entaché par les préjugés des jurés sur son homosexualité.

Agence France-Presse

Charles Rhines, 63 ans a reçu une injection létale dans le pénitencier de Sioux Falls, juste après le rejet par la Cour suprême des États-Unis de recours introduits en urgence par ses avocats pour tenter d’obtenir un réexamen de son dossier.

Il avait été condamné en 1993 à la peine capitale pour avoir tué un employé lors d’un cambriolage dans un magasin de beignes de cet État rural du centre des États-Unis.  

« C’est très triste et profondément injuste que l’État du Dakota du Sud ait exécuté Charles Rhines, un homme homosexuel, sans qu’aucun tribunal n’examine les preuves de préjugés homophobes qui ont pesé sur la décision de le condamner à la peine de mort », a réagi son avocat Shawn Nolan.

D’après lui, un des membres du jury avait refusé de condamner Charles Rhines à la réclusion à perpétuité au motif que cela reviendrait à « l’envoyer où il rêve d’être », avec « des hommes en prison ».  

Un autre juré aurait confirmé qu’il y avait eu « beaucoup de discussions autour de son homosexualité », « beaucoup de dégoût ».  

La puissante association de défense des droits civiques ACLU lui avait apporté son soutien. « Les gens doivent être punis pour ce qu’ils font pas ce qu’ils sont », avait souligné l’une de ses avocates, Ria Tabacco Mar, en citant le président de la haute Cour.

PHOTO STEPHEN GROVES, AP

Des manifestants prient et chantent devant le pénitencier de Sioux Falls. le dimanche 3 novembre.

Lors de la procédure, les services du procureur général du Dakota du Sud avaient rétorqué que les jurés avaient décidé d’imposer la peine de mort à Charles Rhines après avoir entendu un enregistrement de ses confessions et non pas en raison de son orientation sexuelle.  

Selon eux, Charles Rhines « riait » lors de ses aveux et avait comparé les spasmes de la victime à ceux d’« un poulet décapité ».

Charles Rhines est le 18e condamné à mort exécuté depuis le début de l’année aux États-Unis.