(Washington) Près de 40 décisions de l'administration Trump ont été bloquées par des juges fédéraux, regrette dans une tribune publiée vendredi le procureur général des États-Unis, Bill Barr, en dénonçant une «menace» pour la démocratie.

Agence France-Presse

Le procureur général, un allié solide du président républicain, s’élève dans le Wall Street Journal contre le fait que les tribunaux fédéraux rendent de plus en plus de décisions suspendant la mise en œuvre de politiques sur l’ensemble du territoire américain, et non plus limitées aux seuls plaignants.

«Pendant les huit ans de l’administration Obama, 20 injonctions nationales ont été émises, alors que l’administration Trump en a déjà subi près de 40», écrit Bill Barr, donnant de l’écho aux accusations de justice politisée lancées par le milliardaire new-yorkais.  

«Dernièrement, chaque initiative significative du Congrès ou du président fait l’objet d’une injonction, souvent en quelques heures, ce qui menace notre système démocratique et affaiblit l’État de Droit», ajoute le ministre.  

«Les injonctions nationales sont une invention moderne qui n’ont pas de base» légale, écrit-il encore, en regrettant qu’il suffise aux opposants du président de trouver «un juge sympathisant» pour bloquer son action.

Alors que Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale une des priorités de sa présidence, les juges fédéraux ont bloqué plusieurs de ses initiatives en la matière.  

Ils l’ont notamment empêché de verrouiller l’accès à l’asile ou de supprimer le programme protégeant de l’expulsion les Dreamers, des immigrés entrés clandestinement aux États-Unis quand ils étaient enfants.

Des juges ont également bloqué une disposition visant à limiter l’accès à la contraception des Américaines ou encore la décision de refuser les recrues transgenres dans l’armée.

À chaque fois, le gouvernement a fait appel à la Cour suprême, où les juges conservateurs sont majoritaires depuis l’arrivée de deux magistrats nommés par Donald Trump. 

La plupart des dossiers restent en suspens, mais la haute cour a accordé une victoire temporaire au gouvernement dans le dossier des soldats transgenres et elle doit se saisir en novembre du cas des Dreamers.

Donald Tump avait dénoncé l’an dernier des «juges pro-Obama» et s’était fait réprimander par le président de la Cour suprême John Roberts, qui avait affirmé l’impartialité des magistrats.