(Washington) Un jeune palestinien qui avait été refoulé à son arrivée aux États-Unis malgré son visa pour aller étudier à Harvard a finalement pu entrer dans le pays à temps pour faire sa rentrée dans la prestigieuse université.

Agence France-Presse

La révocation de son visa à l’aéroport de Boston, où Ismaïl Ajjaoui, 17 ans, a dit avoir été interrogé durant huit heures le 23 août, avait suscité une vive polémique.

Harvard a confirmé que l’adolescent était bien arrivé pour commencer l’année universitaire sur le célèbre campus dans l’État du Massachusetts.

Amideast, une organisation non-gouvernementale américaine qui soutient les échanges universitaires entre les États-Unis et les pays du Moyen-Orient, a précisé qu’il était arrivé lundi depuis le Liban, son pays de résidence où il avait été renvoyé 10 jours plus tôt.

«Les dix derniers jours ont été difficiles, mais nous sommes reconnaissants pour les milliers de messages de soutien et particulièrement pour le travail mené par Amideast», a déclaré sa famille dans un communiqué.

Ismaïl Ajjaoui avait déclaré que la police lui avait notamment demandé sa religion lors de sa première arrivée. Selon son récit, après une fouille de son téléphone et de son ordinateur portable pendant cinq heures, une policière lui avait «crié dessus» et lui avait reproché la présence, parmi ses «amis» sur les réseaux sociaux, de gens «qui publiaient des opinions politiques opposées aux États-Unis».

Le jeune étudiant assure avoir fait valoir qu’il n’avait lui-même jamais exprimé ses propres opinions politiques sur les réseaux sociaux.

Les autorités américaines avaient confirmé avoir refusé l’entrée à Ismaïl Ajjaoui sur la base d’informations découvertes durant la perquisition, tout en insistant sur le fait que la loi n’autorisait pas les refus de visa uniquement en raison de «déclarations politiques ou d’opinions si ces déclarations ou opinions seraient jugées légales aux États-Unis».

Elles n’avaient toutefois pas voulu dévoiler les motifs précis de la révocation de son visa.

Alors que l’affaire faisait grand bruit dans les médias, Amideast a expliqué que l’université de Harvard avait plaidé en faveur de l’étudiant et que l’ambassade des États-Unis à Beyrouth avait finalement délivré un nouveau visa.

Donald Trump a fait de la fermeté en matière d’immigration une priorité, et son administration a décidé de surveiller l’usage des réseaux sociaux par toutes les personnes qui veulent entrer aux États-Unis. Cette mesure est dénoncée par les défenseurs des droits fondamentaux.