(Washington) Les États-Unis ne peuvent survivre sans leurs alliés a estimé mercredi l’ancien ministre américain de la Défense Jim Mattis, quelques jours après le sommet du G7 où Donald Trump a tenté de renouer avec les partenaires clés de l’Amérique.

Agence France-Presse

L’ex-général des Marines a mis également en garde contre les « divisions internes » d’un pays peuplé de « tribus hostiles qui se crient dessus », dans un extrait de ses mémoires publié par le Wall Street Journal.

« On dit souvent dans les Marines : quand vous partez au combat, amenez tous vos amis avec des armes » écrit M. Mattis, qui a démissionné en décembre 2018 en raison de divergences insurmontables avec le milliardaire républicain, notamment autour du dossier syrien.

« Un dirigeant doit montrer une finesse stratégique qui intègre le respect pour les nations qui étaient à nos côtés quand arrivaient les dangers », explique-t-il.

« Les pays ayant des alliés prospèrent, ceux qui n’en ont pas dépérissent. Seule, l’Amérique ne peut pas protéger notre population et notre économie », souligne l’ancien officier dans une charge contre la politique isolationniste de Donald Trump.

Rompant avec plusieurs décennies de multilatéralisme, le magnat de l’immobilier critique régulièrement les alliés traditionnels de Washington, notamment les pays membres de l’OTAN.

Les extraits de ce livre, « Call Sign Chaos : Learning to Lead », qui doit être publié le 3 septembre, sont diffusés quelques heures avant la première conférence de presse du successeur de M. Mattis, Mark Esper.

Mark Esper, entré en fonctions en juillet, doit diriger le retrait du gros des troupes américaines stationnées en Afghanistan, en Irak et en Syrie, souhaité par Donald Trump et auquel Jim Mattis s’était vigoureusement opposé.

« Quand mes solutions concrètes et mes conseils stratégiques, en particulier garder la confiance de nos alliés, n’ont plus été entendus, il était temps de démissionner », dit-il au sujet de son départ du Pentagone.

Dans son livre, Jim Mattis appelle également à protéger la démocratie américaine, « une expérience qui peut être renversée », dans un pays marqué par un « fratricide politique ».

« Ce qui m’inquiète le plus en tant que militaire, ce ne sont pas nos adversaires étrangers, c’est notre division interne ».

« Nous savons tous que nous sommes meilleurs que notre politique actuelle », souligne-t-il alors que Donald Trump briguera en 2020 un second mandat.