(Miami) Quatre employés d’une maison de retraite de Floride ont été inculpés d’homicides involontaires après le calvaire subi par 12 pensionnaires sous leur garde, morts de chaleur juste après le passage de l’ouragan Irma en 2017.

Agence France-Presse

Cette « tragédie horrible qui n’aurait jamais dû se produire », selon les mots du chef de la police locale, avait à l’époque indigné les Américains.

La maison de retraite Hollywood Hills, située au nord de Miami, avait eu sa climatisation mise hors service par le cyclone. La température avait ensuite atteint un niveau insupportable pour les personnes âgées hébergées.

PHOTO CARLO ALLEGRI, ARCHIVES REUTERS

La maison de retraite Hollywood Hills, en 2017.

Deux ans plus tard, l’enquête judiciaire a connu un tournant décisif avec les poursuites annoncées mardi contre le gérant de la maison de retraite, un cadre infirmier de nuit et deux infirmières, placés en état d’arrestation et inculpés d’homicides involontaires avec circonstances aggravantes, ainsi que de tentatives de dissimulation de preuves.

« Ces individus s’étaient engagés à assurer les soins et la sécurité de ces personnes dans leurs locaux. Ils ont trahi leur serment », a déclaré le chef de la police de la ville d’Hollywood, Chris O’Brien.

Le personnel avait laissé la situation se détériorer durant trois jours après le passage d’Irma. Les pensionnaires avaient longuement suffoqué avant de mourir, pour certain à l’hôpital où ils avaient été transportés trop tard.  

Les victimes, parmi lesquelles huit sont décédées le 13 septembre 2017, étaient âgées de 71 à 99 ans.

Le drame avait d’autant plus choqué qu’il aurait pu être simplement évité avec un groupe électrogène de secours rétablissant l’air conditionné dans cet établissement hébergeant une grosse centaine de personnes.

Dénonçant une tragédie « inimaginable » dans un État où vivent de très nombreux retraités, le gouverneur de Floride, Rick Scott, avait ordonné une enquête officielle et la suspension de l’activité de l’établissement.