(New York) Une nouvelle plainte au civil a été déposée contre les héritiers de Jeffrey Epstein et ses complices présumés par deux femmes dont il aurait abusé il y a 15 ans et qui réclament dorénavant 100 millions de dollars de dommages-intérêts.

Agence France-Presse

La plainte, déposée au tribunal fédéral de Manhattan, n’identifie pas les deux victimes supposées ni les quelque 10 femmes également assignées pour avoir possiblement aidé le financier, mort samedi en prison.

L’âge des plaignantes ne figure pas dans la plainte, mais leur avocate, Lisa Bloom, a indiqué vendredi dans un communiqué qu’elles avaient alors 18 et 20 ans.  

Les deux femmes travaillaient comme hôtesses dans le même restaurant de Manhattan en juin 2004, quand elles ont été approchées par une «rabatteuse» du financier, Ghislaine Maxwell. 

Cette dernière aurait proposé aux deux jeunes filles, désargentées et en quête de travail comme mannequins, plusieurs centaines de dollars pour venir faire des massages au domicile d’Epstein.  

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Des touristes se prennent en photo devant la résidence de Jeffrey Epstein à Manhattan.

Elle leur aurait assuré que le massage n’impliquerait pas d’attouchements.

Elles se sont alors rendues, à deux jours d’intervalle, dans la luxueuse résidence du financier près de Central Park.  

Une fois dans la «salle de massages», Epstein les auraient agressées sexuellement, avant de leur faire remettre plusieurs centaines de dollars.

La plainte de huit pages, enregistrée au titre d’une loi fédérale sur l’exploitation sexuelle, affirme que les deux femmes étaient tellement «terrifiées» par Epstein et son pouvoir à l’époque qu’elles n’ont pas pensé porter plainte.  

C’est après son inculpation début juillet à New York qu’elles auraient compris la gravité des crimes subis.

Cette action vient s’ajouter à une autre plainte déposée mercredi au tribunal d’État de New York contre les héritiers d’Epstein et son amie et complice présumée, Ghislaine Maxwell.  

Elle émane de Jennifer Araoz, qui affirme avoir été sexuellement agressée et violée par le financier en 2004 et 2005, alors qu’elle avait 14 et 15 ans.

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Lisa Bloom

Face à la possibilité d’un afflux de plaintes et afin d’éviter des années de bataille judiciaire, l’avocate Lisa Bloom a appelé vendredi les héritiers d’Epstein à créer un «fonds de compensation des victimes», qui examinerait les demandes de réparation de «façon équitable et rapide».    

Les causes de la mort d’Epstein - apparemment un suicide - n’ont pas encore été confirmées.  

Des médias ont indiqué jeudi qu’il avait eu des os du cou brisés, compatibles avec un suicide par pendaison ou un étranglement, mais le médecin légiste new-yorkais a mis en garde contre toute conclusion hâtive.