(Washington) Donald Trump a condamné lundi le « racisme » et le « suprémacisme blanc » qu’il est lui-même accusé d’alimenter, après les deux fusillades ayant fait 31 morts au total ce week-end aux États-Unis, dont celle d’El Paso, au Texas, où il doit se rendre mercredi.

Lucie AUBOURG
Agence France-Presse

Le maire républicain de la ville texane, Dee Margo, a annoncé lui-même la visite présidentielle lors d’une conférence de presse. À ses côtés, le chef de la police locale Greg Allen a fait le point sur la nationalité des 22 personnes tuées samedi dans un supermarché Walmart : « Nous avons un Allemand, 13 citoyens américains, une personne de nationalité indéterminée, sept ressortissants mexicains ».

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Une veillée à la chandelle a été organisée dimanche à Dayton.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard, évoquant « un acte de terrorisme contre les Mexicains », avait fait état quant à lui de huit victimes de son pays.

« Le tireur d’El Paso a publié en ligne un manifeste consumé par la haine raciste », avait déclaré en matinée Donald Trump dans une allocution solennelle depuis la Maison-Blanche, où les drapeaux ont été mis en berne.

« Notre nation doit condamner d’une seule voix le racisme, le sectarisme, et le suprémacisme blanc », avait-il ajouté, alors que neuf autres personnes avaient été abattues dans la nuit de samedi à dimanche dans l’Ohio.

Depuis l’enchaînement des deux drames, de nombreux élus de l’opposition démocrate ont renouvelé leurs critiques à l’égard de la violente rhétorique anti-immigrants du milliardaire républicain, accusé de contribuer à la montée de l’intolérance dans le pays.

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Beto O’Rourke s'est recueilli dimanche près du Walmart d'El Paso.

« Nous devons fermement rejeter les discours prononcés par n’importe lequel de nos dirigeants, alimentant un climat de peur et de haine ou normalisant les sentiments racistes », a notamment écrit l’ancien président Barack Obama sur les réseaux sociaux, sans nommer directement son successeur.  

« Invasion hispanique »

Devant le supermarché d’El Paso où un tireur de 21 ans a ouvert le feu samedi avant de se rendre, des bougies, des fleurs et des messages de soutien et de condoléances étaient amoncelés. Les habitants s’y arrêtaient en silence afin de rendre hommage aux victimes.

Dans une ville où la population est à forte majorité hispanique, la tuerie est traitée comme un cas de « terrorisme intérieur ». Son auteur, Patrick Crusius, a été inculpé et encourt la peine de mort. Avant de commettre son massacre, il avait mis en ligne un manifeste dans lequel il dénonçait une « invasion hispanique au Texas ».

Donald Trump a appelé dans son allocution à mieux « agir face aux signes précurseurs » de violence. Il a réclamé une loi qui permettrait de retirer leur arme à des personnes identifiées – notamment par des membres de leur famille – comme présentant un danger pour elles-mêmes ou les autres.  

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Donald Trump a livré une courte allocution télédiffusée lundi depuis la Maison-Blanche.

Il a également indiqué avoir demandé au ministère américain de la Justice de travailler à une loi garantissant l’exécution « rapide » des auteurs de « crimes motivés par la haine » et de « tueries de masse ».  

Plus tôt, par tweets, il avait appelé à une meilleure vérification des antécédents des personnes souhaitant acheter des armes à feu, tout en voulant coupler cette mesure à « une réforme migratoire urgemment nécessaire ».

30 secondes, 9 morts-

Des élus ont fait valoir que la Chambre des représentants, à majorité démocrate, avait justement adopté en février une réforme allant dans le sens de plus de vérifications, qui attend depuis plusieurs mois d’être votée au Sénat, où les républicains sont majoritaires.

Mais le président, qui est soutenu par la NRA, le puissant lobby américain des armes à feu, a surtout insisté sur le rôle néfaste que jouerait selon lui internet dans le passage à l’acte de personnes souffrant de troubles mentaux.

« Nous devons arrêter l’idéalisation de la violence dans notre société », a-t-il souligné, estimant qu’il était « trop facile aujourd’hui pour les jeunes en difficulté de s’entourer d’une culture célébrant la violence », notamment à travers les jeux vidéo.

Dans ses tweets, il avait également accusé les médias de « grandement contribuer à la colère et à la rage qui se sont développées » aux États-Unis.

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Le Ned Peppers Bar a été la scène de la tuerie de dimanche à Dayton.

Treize heures seulement après la tuerie d’El Paso, un autre drame a éclaté dans l’Ohio, à l’autre bout du pays, dans un quartier animé de la ville de Dayton.

Un homme blanc de 24 ans, Connor Betts, équipé d’un fusil à cadence rapide, y a abattu neuf personnes et fait 27 blessés avant d’être tué par des policiers.

« Pour l’instant, rien n’indique un mobile raciste », a déclaré lundi le chef de la police locale, sans écarter aucune piste.

Parmi les victimes figurent six Noirs et trois Blancs âgés de 22 à 57 ans, dont la propre sœur du tireur.  

Le bilan aurait pu être encore plus dramatique. Des policiers qui patrouillaient tout près de là ont abattu Connor Betts trente secondes après ses premiers tirs.