(Washington) La candidate démocrate à la Maison-Blanche Elizabeth Warren a affirmé jeudi que si Donald Trump n’était pas protégé par son statut présidentiel, il serait «menotté et inculpé» pour avoir tenté d’entraver la vaste enquête sur l’ingérence russe dans les élections américaines.

Agence France-Presse

«S’il s’agissait de toute autre personne que le président des États-Unis, il serait menotté et inculpé», a déclaré à l'émission matinale The View la sénatrice progressiste, qui avait été la première des candidats à demander le lancement d’une procédure de destitution contre le président américain.

À l’issue de 22 mois d’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle de 2016, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu’il n’y avait pas eu d’entente entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou, mais ne l’a en revanche pas blanchi des soupçons d’entrave à la justice.  

Inculper un président en exercice pour obstruction à la justice n’est toutefois «pas une option» légale en raison de son immunité, a précisé mercredi le procureur, renvoyant la balle dans le camp du Congrès qui peut, en revanche, lancer une procédure de destitution, ou «impeachment».  

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Robert Mueller lors de son allocution de mercredi.

Robert Mueller «dit, essentiellement, une fois que vous arrivez à la fin du rapport, “voici tous les faits, de nombreux exemples, d’entrave à la justice, je ne peux pas l’inculper, cela dépend du Congrès”» désormais, a ajouté Elizabeth Warren.  

Les démocrates détiennent la majorité à la Chambre des représentants et sont donc en mesure de lancer une procédure d’«impeachment». Mais compte tenu de la majorité républicaine au Sénat, elle est quasiment sûre d’échouer.

Si plusieurs autres candidats à la présidentielle de 2020 soutiennent une telle procédure, les chefs démocrates de la Chambre sont encore réticents à s’engager, en pleine pré-campagne électorale, sur cette voie impopulaire et probablement vouée à l’échec.

Ils plaident pour la poursuite des multiples enquêtes parlementaires visant le président républicain.

Donald Trump, lui, s’estime totalement exonéré par le rapport Mueller et dénonce un «gigantesque harcèlement présidentiel».

Il l’a redit jeudi matin, après une rarissime déclaration publique du procureur la veille, et a rejeté la perspective d’une destitution.

«Je ne vois pas comment ils (les démocrates) pourraient faire cela», a-t-il déclaré dans les jardins de la Maison-Blanche.