(San Francisco) Les services publics de La Nouvelle-Orléans reprenaient progressivement leurs activités après qu’une cyberattaque importante ait forcé cette grande ville du sud des États-Unis à se déclarer en état d’urgence vendredi.

Agence France-Presse

«Nous travaillons activement au retour à la normale» a indiqué la mairie dans un communiqué. Les urgences médicales et les caméras de vidéosurveillance n’ont pas été affectées, mais les tribunaux étaient fermés lundi.

Le réseau de la ville a été compromis par des tentatives de «phishing» (hameçonnage pour usurper l’identité) et un logiciel malveillant de type «ransomware» (logiciel d’extorsion), a confirmé LaToya Cantrell, mairesse de cette ville de Louisiane.

Le cas n’est pas isolé : au moins 174 villes dans le monde ont été victimes d’attaques de ransomware en 2019, soit 60% de plus qu’en 2018, selon la société de cybersécurité Kaspersky.

AFP

Dans ce type d’attaque informatique, des criminels bloquent l’accès à des données ou à des machines et exigent de l’argent en échange du retour à la normale.

D’après Kaspersky, le montant de la rançon exigée est d’un million de dollars en moyenne et a atteint jusqu’à 5 millions de dollars cette année. Sans compter les dommages et coûts de remise en fonctionnement.

«Il n’y aucun signe que des données personnelles aient été perdues», a affirmé Mme Cantrell vendredi, même si des identifiants ont été «compromis» et que 4000 ordinateurs devaient être intégralement «nettoyés». Elle a aussi précisé ce week-end ne pas avoir reçu de demande de rançon.

Les municipalités et collectivités locales sont perçues comme des cibles idéales par les fraudeurs, car elles manquent de ressources pour protéger suffisamment leurs infrastructures numériques et peuvent être attaquées sur différents fronts, comme les écoles ou les hôpitaux.

À La Nouvelle-Orléans, la paralysie du réseau a touché 400 services, d’après la mairie. Lundi, il était encore impossible d’accéder aux dossiers électroniques des patients dépendant des services de santé publics, comme les sans-abri. Les contribuables étaient aussi invités à payer leurs impôts mensuels par chèque.

En mai dernier la ville de Baltimore avait été handicapée pendant plusieurs semaines par un ransomware. Les pirates avaient demandé 100 000 dollars en bitcoins, selon les médias.