Le vice-président des États-Unis a appelé l’Arabie saoudite à libérer le blogueur Raïf Badawi.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

S’exprimant dans le cadre d’une conférence sur la liberté de religion au département d’État, jeudi, Mike Pence a évoqué la détention de dissidents dans différents pays.

«Les États-Unis appellent les gouvernements d’Érythrée, de Mauritanie, du Pakistan et de l’Arabie saoudite à respecter la liberté de conscience et de libérer ces hommes», a-t-il déclaré.

Il s’agit d’une rare critique des États-Unis à l’égard de leur puissant allié du Golfe persique.

«On est contents de cette déclaration, mais on n’oublie pas que Raïf n’est malheureusement pas le seul prisonnier d’opinion [en Arabie saoudite]», a déclaré à La Presse Mireille Elchacar, d’Amnistie Internationale.

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La femme de Raïf Badawi, Ensaf Haidar, pose près d'une affiche illustrant son mari, en juin 2015, à Montréal.

«Il y en a de plus en plus depuis l’arrivée du roi Mohammed ben Salmane», déplore-t-elle.

Madame Elchacar souligne que la sœur de Raïf Badawi, Samar, est toujours emprisonnée sans qu’aucune accusation formelle n’ait été déposée contre elle, et que l’ancien avocat du blogueur, Walid Abulkhair, est toujours inculpé pour terrorisme.

Raïf Badawi a été condamné à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et 1 million de riyals d’amende (346 000 $) pour avoir «insulté l’islam» via son site internet consacré aux débats sociaux, politiques et religieux.

Farouche défenseur de la liberté d'expression, il avait demandé la fin de l'influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam.

Il s'était vu décerner en 2015 le Prix Sakharov par le Parlement européen, une prestigieuse distinction en faveur des droits humains et de la liberté d'expression.

Trump peut-il faire plus que Trudeau?

Sa femme Ensaf Haidar et leurs trois enfants ont fui l’Arabie saoudite et vivent depuis 2013 à Sherbrooke; ils sont maintenant citoyens canadiens.

Mme Haidar s'est dite jeudi reconnaissante envers le vice-président Pence. Elle aimerait également rencontrer Donald Trump pour discuter des moyens par lesquels il pourrait favoriser la libération de son mari.

Mme Haidar croit que le président américain peut en faire plus que le premier ministre Justin Trudeau pour aider son mari. Elle estime que M. Trudeau n’en a pas fait assez dans ce dossier.

- Avec l’Agence France Presse et La Presse canadienne