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Affaire Kashoggi: Trump réticent à geler la vente d'armes

« Nous avons 450 milliards de dollars [NDLR : de... (photo Jonathan Ernst, REUTERS)

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« Nous avons 450 milliards de dollars [NDLR : de contrats], dont 110 milliards de commandes militaires, du matériel et d'autres choses commandées par l'Arabie saoudite », a déclaré Donald Trump aux journalistes.

photo Jonathan Ernst, REUTERS

Agence France-Presse
ELKO

Donald Trump a déclaré samedi qu'il était insatisfait des informations données par Riyad sur la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, tout en avertissant que suspendre la vente d'armes à l'Arabie saoudite nuirait aux États-Unis.

« Nous pouvons faire d'autres choses, y compris imposer des sanctions », a expliqué le président devant des journalistes à Elko, au Nevada.

L'Arabie saoudite a admis samedi, 17 jours après la disparition de Jamal Khashoggi, qu'il avait été tué à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul, sans toutefois révéler où se trouve son corps.

Le journaliste saoudien est décédé après « une bagarre » et « une rixe à coups de poing », selon le procureur général Saoud al-Mojeb.

Cette version a rapidement été qualifiée vendredi soir par le président de « pas très importante », malgré le profond scepticisme au sein même de ses rangs républicains au Congrès américain.

« C'était un gros premier pas. C'était un bon premier pas. Mais je veux obtenir la réponse », a précisé Donald Trump samedi après-midi.

À un journaliste qui lui demandait s'il était satisfait du limogeage de deux des principaux collaborateurs du prince héritier, Mohammed ben Salmane, et des 18 arrestations annoncées, le président a répondu : « Non, je ne serai pas satisfait tant que nous n'aurons pas la réponse ».

« Cela étant dit, nous avons 450 milliards de dollars [NDLR : de contrats], dont 110 milliards de commandes militaires, du matériel et d'autres choses commandées par l'Arabie saoudite », a-t-il poursuivi.

« Je crois que cela représente plus d'un million d'emplois, alors ce n'est pas constructif pour nous d'annuler une commande comme celle-là », a expliqué le président à des journalistes. « Cela nous fait beaucoup plus de mal qu'à eux ».

« Pour l'équipement militaire, ils peuvent se tourner vers la Chine, ils peuvent se tourner vers la Russie, même s'ils n'ont pas un aussi bon matériel que nous, personne n'en a. Ils peuvent acheter leur matériel ailleurs », a poursuivi Donald Trump, reprenant un argument qu'il martelait déjà avant la confirmation de la mort du journaliste.

Le ton du président contraste avec celui de la cheffe de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, qui a exigé samedi une enquête « approfondie, crédible et transparente » sur cette mort « extrêmement troublante ». Le ministère britannique des Affaires étrangères avait, lui, appelé à ce que les « personnes responsables de cet acte horrible soient jugées ».

Plusieurs élus républicains se sont juré de ne pas laisser cette mort impunie.

Le Congrès américain a le pouvoir de bloquer des ventes d'armes et d'imposer des sanctions. Mais, toute mesure devra attendre au moins les élections du 6 novembre, les séances des deux chambres étant suspendues jusque-là.




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