Les États-Unis ont « abandonné » leur rôle de protecteur des droits de la personne, estime l'ex-président américain Jimmy Carter, qui dénonce une « indifférence » aux abus commis dans le pays et dans le monde.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Les États-Unis ont déjà perdu leur première place pour la protection des peuples et de leurs droits », a déclaré mardi l'ancien chef d'État démocrate (1976-80) lors d'un colloque sur les droits de la personne à Atlanta, en Géorgie.

« Si nous conservons notre attitude actuelle d'indifférence aux violations des droits humains, nous encouragerons » une hausse de ces abus encore plus rapide que ces dernières années, a-t-il ajouté.

L'administration de l'actuel président, Donald Trump, qui avait axé sa campagne sur la lutte contre l'immigration illégale, est accusée de violer les droits fondamentaux des familles d'immigrés arrêtées après avoir franchi illégalement la frontière mexicaine, en séparant les enfants de leurs parents.

Cette pratique, mise en place au printemps et depuis suspendue, a provoqué un tollé dans la classe politique américaine, certains responsables comparant les centres d'hébergement où sont rassemblés les enfants aux camps de concentration du régime nazi.

Âgé de 93 ans, l'ancien président a affirmé que les États-Unis étaient à la pointe de la lutte pour les droits humains après la Seconde Guerre mondiale, quand les Nations unies ont adopté la Déclaration universelle des droits de l'Homme en décembre 1948.

Mais, selon lui, les lois antiterroristes votées après les attentats du 11 septembre, qui ont restreint les libertés publiques, ont atteint leur crédibilité.

« Donc, nous avons abandonné, finalement, notre place de champion des droits de la personne », a dit l'ex-président, qui a fondé à Atlanta le Centre Carter pour défendre la démocratie et les droits fondamentaux.

L'Amérique est devenue une superpuissance non pas à cause de sa force économique ou militaire, mais « parce que nous protégeons les choses qui sont importantes pour l'humanité, et je pense que les droits humains en font partie », a-t-il expliqué.