Une société de marketing sportif de Floride a accepté de payer quelque 24 millions de dollars d'amendes après avoir reconnu avoir versé 6,5 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables du soccer d'Amérique centrale, a indiqué mardi le procureur fédéral de Brooklyn.

Mis à jour le 10 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'amende infligée à la société Imagina US, détenue en majorité par la société espagnole Imagina Media Audiovisual, s'inscrit dans le cadre du dossier sur la corruption au sommet de la FIFA.

Imagina US devra payer 12,8 millions de dollars d'amende et reverser 5,28 millions d'argent résultant d'activités criminelles, selon un communiqué du procureur.

Elle devra aussi rembourser 1,7 millions de dollars à la fédération hondurienne, 790 000 dollars à la fédération guatémaltèque, 600 000 dollars à la costaricienne, et 565 000 dollars à la salvadorienne, et verser trois millions à l'Union de soccer des Caraïbes.

Selon le procureur de Brooklyn, Imagina US était partenaire de la société de marketing Traffic USA, déjà inculpée dans ce dossier pour avoir versé des pots-de-vin afin d'obtenir les droits de diffusion et de marketing de certains matches de qualification d'équipes d'Amérique Centrale pour les Coupes du monde de 2018 - actuellement en cours en Russie - et de 2022.

Imagina US a notamment payé la moitié des 3 millions de dollars que Traffic USA devait verser à Jeffrey Webb, alors président de la CONCACAF, la confédération pour l'Amérique du Nord, l'Amérique Centrale et les Caraïbes.

Webb a plaidé coupable dès novembre 2015 et devrait être fixé sur sa peine le 7 septembre.

«La reconnaissance de culpabilité d'aujourd'hui prouve la détermination des enquêteurs des services fiscaux américains à démanteler la corruption qui continue à empoisonner le soccer international», a déclaré un des agents en charge du dossier, Damon Rowe, cité dans le communiqué.

L'enquête sur le «Fifagate», révélée en mai 2015 avec l'arrestation de hauts-responsables à Zurich, a mené à l'inculpation de 42 responsables du soccer mondial, essentiellement des Sud-Américains, et de plusieurs sociétés de marketing.

Elle a été couronnée par un procès fin 2017 à New York, même si seulement trois des responsables mis en cause étaient au banc des accusés.

L'ex-patron de la puissante fédération brésilienne, José Maria Marin, et l'ex-président de la confédération sud-américaine CONMEBOL, le Paraguayen Juan Angel Napout, ont été reconnus coupables à l'issue de ce procès et devraient connaître leur peine fin août.