Confrontés à une hostilité grandissante, les migrants ont de plus en plus de mal à accéder à l'aide humanitaire et aux services vitaux dans les pays d'accueil, au mépris du droit international, dénonce la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) dans un rapport publié mardi.

Publié le 10 juill. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les gouvernements, en plein durcissement migratoire, notamment en Europe et aux États-Unis, adoptent des « stratégies » pour décourager l'immigration, allant jusqu'à « restreindre l'accès à des services de base comme la santé, le logement, la nourriture ou l'aide juridique », déplore la Fédération, sans citer de pays en particulier.

« Il n'y a aucun besoin de maltraiter les gens pour arriver à contrôler les frontières », affirme Francesco Rocca, président de la Fédération, qui rappelle que le droit international garantit protection aux migrants, même ceux qui ne peuvent prétendre à l'asile.

Empêcher l'accès aux services essentiels « est complètement inacceptable. Tout le monde a le droit d'être traité avec dignité et respect », ajoute-t-il, cité dans un communiqué.

Dans le nord de la France, qui inclut la zone de Calais, une ONG a relevé que près des deux tiers des réfugiés et migrants dont elle s'occupait avaient des problèmes de santé « directement liés aux conditions dans lesquelles ils sont logés », selon le rapport.

Pour la IFRC, le refus de fournir des soins de base est non seulement immoral, mais coûteux.

« Des études en Allemagne et en Grèce ont montré que donner accès à des soins prénatals pouvait générer jusqu'à 48 % d'économies par rapport au coût d'éventuels soins d'urgence. »

Le rapport dénonce également la « criminalisation » par « certains États » - là aussi sans les nommer - du travail des organisations humanitaires.

Les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, organisées par les associations, se heurtent ainsi de plus en plus aux agents de contrôle des frontières et à des accusations de collusion avec les passeurs, pointe le rapport.

« L'idée que la perspective d'une aide ou d'un sauvetage favorise les migrations est tout simplement inexacte », assure M. Rocca. « Les gens décident de partir pour des raisons bien plus profondes ».

Le rapport souligne aussi les « barrières indirectes » à l'accès aux services de base, comme la peur des migrants d'être harcelés ou interpellés lors d'une consultation.