L'avocat de Donald Trump a lancé dimanche une nouvelle salve contre l'enquête sur les soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne du président américain, la qualifiant de la «plus corrompue (qu'il ait) jamais vue».

AGENCE FRANCE-PRESSE

La charge de Rudy Giuliani contre l'équipe du procureur spécial Robert Mueller intervient au lendemain d'une attaque du président lui-même, qui a dénoncé sur Twitter «une chasse aux sorcières truquée» et une «arnaque des démocrates». Les partisans de M. Trump affirment que l'enquête est discréditée car une partie de l'équipe de M. Mueller est affiliée aux démocrates.

L'investigation tentaculaire de Robert Mueller a été déclenchée en réponse au tollé provoqué par le limogeage par le président, en mai 2017, du directeur du FBI James Comey, qui supervisait jusqu'alors cette enquête sur une possible collusion entre l'équipe du candidat républicain et des responsables russes pour favoriser sa victoire à la présidentielle de 2016. Ce limogeage pourrait aussi constituer une entrave à la justice, selon les enquêteurs.

Pour accélérer la fin de l'enquête, M. Trump a un moment semblé accepter l'idée d'être entendu par les enquêteurs, mais Rudy Giuliani a estimé dimanche que cette audition pourrait ne pas avoir lieu.

«Comment pouvez-vous attendre de nous que nous amenions notre client comme un agneau à l'abattoir», a-t-il affirmé sur la chaîne ABC.

«Il veut témoigner», a-t-il assuré, «c'est difficile à croire avec tout ce qui montre combien l'enquête est biaisée. C'est l'enquête la plus corrompue que j'aie jamais vue».

Il a également confirmé une information du New York Times selon laquelle les avocats du président ont émis de nouvelles conditions à toute audition en demandant que les enquêteurs montrent d'abord «une base factuelle» à l'investigation.

«Nous avons tout examiné sur la collusion ou l'entrave, nous ne trouvons rien d'incriminant», a assuré Rudy Giuliani, ancien procureur fédéral.

Il a également dit ne pas croire que Donald Trump ait eu connaissance d'une rencontre entre ses conseillers et une avocate russe qui avait promis des informations compromettantes sur sa rivale Hillary Clinton.

«J'étais probablement là ce jour-là, je ne m'en rappelle pas», a-t-il lancé, semblant minimiser l'importance de cette rencontre.

Ex-maire de New York, M. Giuliani, 74 ans, connaît depuis longtemps Donald Trump et a rejoint son équipe d'avocats en avril pour pousser à la fin de cette enquête qui empoisonne le mandat du magnat de l'immobilier.