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Immigration: plusieurs manifestations ont lieu aux États-Unis

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Plus de 700 rassemblements, petits et grands, ont lieu travers les États-Unis pour dénoncer la politique « zéro tolérance » de l'administration Trump en matière d'immigration, le 30 juin.

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(NEW YORK) Des milliers d'Américains manifestent partout aux États-Unis, samedi, pour exiger la réunification immédiate de plus de 2000 enfants migrants avec leurs parents appréhendés à la frontière. Plus de 700 rassemblements, petits et grands, ont lieu dans tout le pays pour dénoncer la politique « zéro tolérance » de l'administration Trump en matière d'immigration.

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Une manifestante tient une affiche réclamant que l'Amérique redevienne humaine lors d'un rassemblement organisé à New York, le 30 juin.

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À New York, une foule monstre s'est rassemblée sous un soleil de plomb pour une grande marche qui traverse l'iconique Brooklyn Bridge, le 30 juin.

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À New York, une foule monstre s'est rassemblée sous un soleil de plomb pour une grande marche qui traverse l'iconique Brooklyn Bridge.

« Je suis ici aujourd'hui parce que j'ai honte d'être Américaine, ce qui se passe est immoral, dégoûtant et cruel. Je suis horrifiée par la séparation des familles, ça me garde éveillée la nuit », a déploré Cynthia Gordstein, une New-Yorkaise qui participe au rassemblement.

Au cours des dernières semaines, environ 2500 enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière mexicaine. Malgré un recul du président Trump, qui a signé il y a dix jours un ordre exécutif pour mettre fin à cette politique, la grande majorité des enfants n'ont toujours par revu leurs parents.

« Je veux que la planète sache que ce qui est en train de se produire ne représente pas l'ensemble des Américains. Chaque minute de plus sans leurs parents creuse leur traumatisme », a souligné une autre participante, Andrea Reese.

Les images des enfants détenus dans des entrepôts ont visiblement choqué plusieurs familles new-yorkaises. Le rassemblement a attiré un très grand nombre de nouveaux parents venus protester munis de porte-bébés et de poussettes malgré la canicule.

Même si elle était sur le point d'accoucher, Meredith Levine, enceinte de 38 semaines tenait absolument à être présente, une pancarte géante entre les mains. Elle s'est même déplacée munie de la paperasse nécessaire au cas où ses contractions débuteraient durant la marche. Les mères qui traversent la frontière illégalement, dit-elle, le font par amour. « Elles veulent donner une meilleure vie à leurs enfants. Je ne vois pas où est le crime? C'est immonde. »

Brigit Young et Jonathan Ross ont participé à la marche avec leur fille, Simone, 3 ans. « Comme mère, je suis vraiment contrariée. Nous en sommes à un point où ''retweeter'' notre indignation ne suffit pas. Il faut répondre présent en personne et montrer notre indignation », a dit Mme Young.

Des milliers de personnes de tous âges, dans... (Photo Alex Brandon, Associated Presse) - image 2.0

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Des milliers de personnes de tous âges, dans une atmosphère oscillant entre indignation et tristesse, par 33 degrés, se sont rassemblés dans le parc jouxtant la Maison-Blanche, à Washington. Elles ont ensuite défilé, passant notamment devant l'hôtel Trump.

Photo Alex Brandon, Associated Presse

Pendant ce temps, près de la Maison-Blanche

Des milliers de personnes de tous âges, dans une atmosphère oscillant entre indignation et tristesse, par 33 degrés, se sont rassemblés dans le parc jouxtant la Maison-Blanche, à Washington. Elles ont ensuite défilé, passant notamment devant l'hôtel Trump.

En plus de New York et de Washington, Boston, Chicago, Portland et Los Angeles ont aussi vu des foules de manifestants, avec la participation d'artistes comme Alicia Keys et Lin-Manuel Miranda à Washington, ou John Legend à Los Angeles, ainsi que des élus démocrates.

Dans la capitale américaine, l'enregistrement d'un enfant de migrants pleurant à la recherche de ses parents a été diffusé sur des haut-parleurs.

Jocelyn, une mère brésilienne, séparée de son fils pendant neuf mois, a témoigné de son calvaire au micro : « On lui a dit qu'il finirait peut-être par être adopté », a-t-elle raconté à la foule, déclenchant un cri collectif spontané : « Honte! Honte! »

« C'est du racisme à peine voilé », dit Dorothy Carney, une professeure de français venue de Charlottesville, en Virginie. « Le mal l'emportera si les gens bien ne font rien. Au moins, on fait quelque chose », relève-t-elle.

« Je suis en colère, triste, écoeurée », dit Rita Montoya, avocate de Washington originaire du Mexique, venue comme beaucoup d'autres avec ses jeunes enfants. « Nous sommes des enfants d'immigrés, nous contribuons à ce pays depuis suffisamment longtemps. Il faut que ce pays commence à nous montrer un peu de respect. »

« Les familles doivent rester ensemble » est le slogan de cette journée, alors que les autorités fédérales américaines ont désormais pour ordre de ramener les enfants auprès de leurs parents, une tâche qui s'éternise.

Mêmes scènes à New York, où l'on voyait aussi des slogans tels qu'« Abolissez l'ICE », la police de l'immigration, une cause auparavant marginale, mais qui est en train de gagner en popularité au sein de la gauche américaine.

Sur une pancarte, Courtney Malloy, avocate new-yorkaise de 34 ans, a écrit que « le seul bébé qui mérite d'être en cage est Donald Trump ». « C'est vraiment très important pour nous de montrer au monde, et en particulier aux immigrés, que nous sommes de leur côté. Ceci n'est pas l'Amérique », dit-elle.

« C'est tellement cruel de séparer les enfants », renchérit Julia Lam, 58 ans, immigrée de Hong Kong dans les années 1980. « Je ne sais pas s'il se rend compte de ce qu'il a fait aux enfants. »

Le président, qui passe le week-end dans son golf de Bedminster près de New York, leur a répondu à distance : « Nos lois sont les plus bêtes du monde », a-t-il tweeté, en allusion aux lois qui empêchent de renvoyer immédiatement les clandestins passant la frontière, afin d'entendre leur éventuelle demande d'asile par exemple. « Les démocrates veulent des frontières ouvertes et sont faibles contre la délinquance! »

Abolir l'ICE

Le président américain a annulé le 20 juin sa politique - censée être dissuasive - de séparation des familles de clandestins, mais environ 2000 enfants sur plus de 2300 attendaient toujours vendredi de retrouver leurs parents. Les mineurs sont pris en charge dans des foyers répartis dans tout le pays, parfois à des milliers de kilomètres du centre de détention où sont retenus leurs parents.

Un juge fédéral de San Diego (Californie) a donné 30 jours aux autorités fédérales pour ces regroupements, et deux semaines quand les enfants ont moins de cinq ans.

C'est la lenteur de ce processus et l'annonce du gouvernement Trump que les familles entières seraient dorénavant placées en détention, sans exception pour la présence d'enfants, qui provoquent la colère de la gauche et le malaise d'une partie des républicains.

Plusieurs élus démocrates de haut rang souscrivent depuis quelques jours à la revendication de la suppression de l'ICE, dont le maire de New York Bill de Blasio et la sénatrice de New York Kirsten Gillibrand, candidate potentielle à l'élection présidentielle de 2020.

Créée en 2003, moins de deux ans après les attentats du 11 septembre 2001, l'ICE incarne la politique de « tolérance zéro » de l'administration Trump, ses agents ayant pour tâche principale d'interpeller les personnes en situation irrégulière, en vue de leur expulsion.

« À tous les hommes et femmes courageux de l'ICE : ne vous inquiétez pas, gardez le moral. Vous faites du travail fantastique pour nous protéger en éradiquant les pires éléments criminels », a-t-il tweeté.

- Avec Ivan Couronne et Jennie Matthew, Agence France-Presse 




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