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La «jungle» de la primaire californienne fait trembler les démocrates

Contrairement au traditionnel système de primaires organisées par... (Photo Lucy Nicholson, Reuters)

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Contrairement au traditionnel système de primaires organisées par parti, dans le nouveau mode de scrutin californien les deux candidats qui remportent le plus de voix se hissent au second tour, et ce quelle que soit leur appartenance politique.

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

Huit États américains votaient mardi lors de primaires en vue des élections de novembre mais tous les yeux se tournaient vers la Californie où un nouveau système électoral et une pléthore de candidats pourraient contrarier l'espoir démocrate de reconquérir le Congrès.

Les bureaux de vote étaient ouverts depuis le petit matin et devraient rester ouverts jusqu'à 20h (23h heure du Québec), avec les résultats attendus tard dans la nuit.

Les Californiens appelaient sur les réseaux sociaux à voter, postant fièrement des «selfies» de sortie d'urne avec des petits autocollants aux couleurs de la bannière étoilée indiquant: «J'ai voté» («I voted»), même si la mobilisation et l'élan démocrate anti-Trump restent incertains pour ces primaires.

Dans ce scrutin surnommé «la jungle», les électeurs du «Golden State», le plus peuplé du pays, devaient choisir entre une vingtaine de candidats pour succéder au gouverneur démocrate Jerry Brown et une trentaine pour succéder à la sénatrice du même bord politique Dianne Feinstein.

Enfin, les 53 sièges californiens à la Chambre des représentants sont aussi en jeu avec ici aussi pléthore de candidats, des démocrates novices en particulier, décidés à contrer le président républicain Donald Trump et ses politiques anti-immigration ou anti-environnementale.

«La Californie est l'un des États les plus anti-Trump du pays et il y a toutes les raisons de croire qu'ils vont obtenir de bons résultats mardi», remarque Elaine Kamarck, experte du centre de réflexion Brookings Institute, interrogée par l'AFP.

Le nouveau processus, qui était destiné à combattre la polarisation politique, a au final «le potentiel de générer du chaos», ajoute-t-elle.

Contrairement au traditionnel système de primaires organisées par parti, dans le nouveau mode de scrutin californien les deux candidats qui remportent le plus de voix se hissent au second tour, et ce quelle que soit leur appartenance politique.

Les électeurs peuvent aussi voter pour qui ils souhaitent, même s'ils sont officiellement «encartés» pour une formation donnée.

Dans la primaire pour le poste de gouverneur, c'est l'ex-maire de San Francisco, Gavin Newsom qui domine les intentions de vote, suivi par l'ex-maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa.

«Vous n'avez pas à attendre deux années de plus pour voter contre la politique de Donald Trump. Vous pouvez faire ça dès aujourd'hui en votant aux primaires californiennes», a tweeté M. Villaraigosa.

Ce dernier pourrait toutefois être doublé face à Newsom par un républicain, l'homme d'affaires John Cox, qui a reçu le soutien appuyé de Donald Trump. «En Californie où les taxes sont élevées, où la criminalité est élevée, soyez sûrs d'aller voter pour John Cox», a-t-il tweeté peu avant le début du scrutin.

Il a encouragé dans un autre message «les excellents candidats républicains», en particulier Kevin McCarthy qui défend son siège à la Chambre de représentant.

Décourager le zèle

Pour le scrutin sénatorial, Dianne Feinstein, figure historique du parti démocrate, est en tête, suivie de Kevin de Leon, de même couleur politique, mais là aussi l'abondance de candidats pourrait créer des surprises.

Pour la Chambre des représentants, les démocrates ont en ligne de mire sept districts républicains qui ont voté Hillary Clinton en 2016 et pourraient donc basculer dans leur camp, mais dans cinq à six cas, les candidats progressistes pourraient se voler les voix les uns aux autres et laisser la voie libre à un, voire deux, républicains finalistes.

Les partis américains n'ont pas autorité pour empêcher quiconque de concourir sous leur bannière. Tout juste affichent-ils des favoris.

Le parti démocrate a tenté de décourager le zèle de certains candidats mais l'enthousiasme qui les a amenés à entrer dans les courses et l'échec de la campagne d'Hillary Clinton en 2016 les rend peu à même d'écouter les semonces de Washington.

Un problème épineux pour la stratégie de reconquête démocrate: «Il faut gagner 24 sièges pour reconquérir la Chambre, si vous en perdez cinq - en particulier dans un bastion démocrate comme la Californie - il faut les trouver ailleurs», note Elaine Kamarck.

Les républicains ne sont pas totalement à l'abri: dans au moins un district, «il y a deux candidats républicains viables. Ils devraient se nuire l'un à l'autre», ajoute Louis DeSipio, professeur de sciences politiques de l'université UC Irvine.

Au final, le plan de reconquête du Congrès par les démocrates pourrait «gagner de l'élan» s'ils ont du succès dans des secteurs jadis traditionnellement républicains comme le riche comté d'Orange, ou prendre un coup sérieux si les sièges clé de la bataille californienne leur échappent, ce qui symboliserait «la désorganisation du parti même à l'ère Trump», conclut Julian Zelizer, professeur à l'université de Princeton.




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