Confronté à une vague d'indignation née de la fusillade sanglante de Floride, Donald Trump est monté au créneau mardi sur les armes à feu, proposant d'interdire un mécanisme particulièrement meurtrier utilisé fin 2017 lors du carnage de Las Vegas.

Jerome CARTILLIER AGENCE FRANCE-PRESSE

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Selon un sondage publié par le Washington Post et ABC, plus de six américains sur dix estiment que la Maison-Blanche et le Congrès n'en font pas assez pour prévenir les fusillades de grande ampleur.

La mobilisation de nombreux élèves rescapés du massacre perpétré dans une école secondaire de Parkland, au nord de Miami, continue à susciter un vif intérêt dans les médias américains, laissant entrevoir une nouvelle donne dans un débat qui a longtemps semblé complètement figé.

Soutenu avec force pendant sa campagne par la National Rifle Association (NRA), puissant lobby des armes à feu, le président américain se livre à un exercice d'équilibriste. Et reste à ce stade très prudent sur d'éventuelles modifications législatives d'ampleur.

Évoquant la fusillade de Las Vegas, qui a fait 58 morts en octobre, il a annoncé mardi avoir demandé au département de la Justice des réglementations visant à interdire «tous les mécanismes qui transforment des armes légales en fusils automatiques». Ces textes, portant sur les mécanismes connus sous le nom de «bump stocks», devraient être finalisés prochainement, a-t-il assuré.

Dans la foulée de cette fusillade sanglante, des élus républicains mais aussi, fait rare, la NRA, avaient évoqué un possible renforcement des lois. Mais cinq mois plus tard, rien n'a bougé sur ce thème au Congrès.

Le tueur de Las Vegas, dont 12 de ses fusils étaient équipés d'un «bump stock», a ainsi tiré à une cadence allant jusqu'à neuf balles par seconde.

Annonçant qu'il recevrait mercredi des étudiants et des enseignants mais aussi par les suite les représentants des forces de l'ordre, Donald Trump a promis «des avancées concrètes pour rendre les écoles plus sûres».

«Nous devons dépasser les clichés et les débats éculés et nous concentrer sur les solutions pratiques et les mesures de sécurité qui fonctionnent véritablement», a-t-il ajouté. 

Rendez-vous à Tallahassee

Lundi, le locataire de la Maison-Blanche avait fait savoir qu'il soutenait un renforcement du contrôle des antécédents des acheteurs d'arme à feu, sans cependant préciser jusqu'où il était prêt à aller sur ce débat très sensible aux États-Unis.

La Maison-Blanche a par ailleurs indiqué mardi qu'elle était ouverte à une discussion sur la question d'un éventuel âge minimum pour l'achat d'armes semi-automatiques dotées de chargeurs à grande capacité telles que le AR-15, utilisé par Nikolas Cruz, le tueur de Parkland.

«C'est quelque chose dont nous sommes prêts à discuter et qui devrait être abordé dans les semaines à venir», a déclaré Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l'exécutif américain.

Des déclinaisons de l'AR-15 ont été utilisées dans la plupart des grands massacres récents aux États-Unis, au premier rang desquels celui de Newtown dans lequel 20 enfants ont été abattus dans une école primaire en 2012.

Des élèves de l'école de Parkland ont annoncé une «Marche pour nos vies» à Washington et d'autres villes du pays en mars, pour réclamer un contrôle plus strict sur les armes à feu.

Saluant «le courage et l'éloquence de ces jeunes garçons et filles de Stoneman Douglas», l'acteur George Clooney et son épouse Amal ont annoncé qu'ils donneraient 500 000 dollars pour soutenir cette initiative,

Leur emboîtant le pas, l'animatrice Oprah Winfrey a annoncé qu'elle verserait la même somme, soulignant que cette mobilisation lui rappelait celle des années 60 contre la ségrégation raciale.

Plusieurs dizaines d'élèves rescapés de la fusillade étaient attendus mercredi à Tallahassee, capitale de la Floride, où ils devaient rencontrer des élus pour dénoncer l'inaction politique face à la multiplication des fusillades en milieu scolaire aux États-Unis ces dernières années.

ARCHIVES AP

Le «bump stock» est une crosse amovible qui utilise l'énergie du recul de l'arme pour imprimer un mouvement de va-et-vient extrêmement rapide au fusil, dont les projectiles se rechargent au même rythme.