Harcèlement: trois femmes demandent une enquête contre Trump

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Rachel Crooks prend le micro lors d'une conférence de presse lundi à New York, en compagnie de deux autres accusatrices, Jessica Leeds et Samantha Holvey.

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Leo MOUREN
Agence France-Presse
Washington

Trois femmes qui avaient déjà accusé Donald Trump de comportement sexuel inapproprié l'année dernière ont demandé lundi au Congrès d'ouvrir une enquête sur les agissements du président, deux d'entre elles ayant notamment assuré avoir été victimes d'agression sexuelle de sa part.

«Je demande que les membres du Congrès mettent de côté leur affiliation politique et enquêtent sur les comportements sexuels inappropriés de M. Trump», a déclaré lors d'une conférence de presse l'une des victimes présumées, Rachel Crooks, ancienne réceptionniste à la Trump Tower de New York.

En 2005, alors qu'elle est âgée de 22 ans, elle décide de se présenter au milliardaire sur son lieu de travail. Ce dernier lui serre la main avant de lui faire la bise, plusieurs fois, et de l'embrasser sur la bouche sans son consentement.

«J'étais choquée, anéantie», a-t-elle témoigné lundi lors de l'émission matinale de la chaîne NBC News, expliquant s'être sentie «un peu menacée», comme si elle n'avait «pas le choix».

Pour la première fois sur ce plateau télévisé, Rachel Crooks se retrouvait en compagnie des deux autres accusatrices Samantha Holvey et Jessica Leeds. Si la procédure parlementaire appelée de leurs voeux à peu de chance d'aboutir, cela leur a permis de recentrer l'attention sur les agissements présumés de Donald Trump.

Les trois femmes, qui avaient déjà séparément pris la parole l'année dernière lors de la campagne présidentielle, ont décidé de témoigner dans la vague du mouvement #MeToo, créé après l'affaire Weinstein par des femmes afin de dénoncer le harcèlement et les abus sexuels dont elles sont victimes.

Lors de la conférence de presse à New York, Rachel Crooks a notamment exprimé son souhait que le président soit «tenu responsable comme l'a été Harvey Weinstein».

Les trois femmes étaient interviewées par la vedette de la télévision Megyn Kelly, ancienne présentatrice de Fox News, avec qui le président a déjà eu maille à partir.

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La secrétaore de presse Sarah Huckabee Sanders lors d'un point de presse lundi à la Maison-Blanche.

AP

«Fausses accusations»

La Maison-Blanche a immédiatement réagi lundi en dénonçant «l'absurdité» de ces témoignages, qualifiés de «fausses accusations», mus par des «motivations politiques».

«Le président s'est déjà exprimé directement sur ces accusations et les a niées. C'était longtemps avant l'élection, les habitants de ce pays ont soutenu le président Trump», a fait valoir la porte-parole de l'exécutif américain, Sarah Sanders. «Une réponse a été apportée à ces accusations» à travers la victoire du républicain, a-t-elle ajouté.

Jessica Leeds, une septuagénaire, a pour sa part accusé l'homme d'affaires de l'avoir touchée sans son consentement dans un avion dans les années 70. «Il avait ses mains partout, il m'embrassait et me touchait», a-t-elle témoigné.

Samantha Holvey, qui avait participé au concours de beauté Miss USA du magnat de l'immobilier, a quant à elle raconté que Donald Trump, qui avait rencontré les participantes dans les coulisses, les avait dévisagées de manière particulièrement concupiscente, comme si elles étaient «un morceau de viande».

Lundi, un groupe de 54 élues démocrates de la Chambre des représentants, menées par Lois Frankel, a adressé à la commission de Contrôle de la Chambre une lettre réclamant une enquête. «Nous ne pouvons pas ignorer la multitude de femmes qui ont formulé des accusations contre M. Trump», écrivent-elles dans la missive dont CNN a partagé des extraits.

Deux sénateurs démocrates, Cory Booker et Jeff Merkley, avaient par ailleurs appelé pendant le week-end M. Trump à démissionner, en raison des accusations de comportement sexuel inapproprié portées contre lui.

Dimanche, l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley avait affirmé que les femmes qui ont accusé le président de harcèlement sexuel et gestes déplacés «devraient être écoutées».

En octobre 2016, à un mois de l'élection présidentielle, la diffusion d'une vidéo datant de 2005 montrant le milliardaire se vanter en termes très crus de pouvoir «attraper» les femmes par «la chatte», grâce à sa célébrité, avait défrayé la chronique.

«Je suis conscient qu'il est ironique que je m'en aille alors qu'un homme qui a été enregistré en train de se vanter d'avoir agressé sexuellement des femmes occupe le Bureau ovale», avait ainsi déclaré jeudi le sénateur démocrate Al Franken qui a démissionné après des accusations de comportement déplacé datant d'il y a plusieurs années.




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