Le gouvernement mexicain et une tribu améridienne dont le territoire est à cheval sur le Mexique et les États-Unis ont saisi la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) pour qu'elle condamne le mur promis par Donald Trump à la frontière entre les deux pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le commissaire pour le dialogue avec les peuples indigènes du Mexique et la tribu Tohono O'odham ont présenté vendredi «une requête auprès de la CIDH» pour qu'elle émette une recommandation condamnant le projet du président américain, ont expliqué les dirigeants de la tribu dans un communiqué publié samedi.

Le territoire des Tohono O'odham s'étend de l'Arizona à l'État de Sonora, dans le nord du Mexique, et ils peuvent librement traverser la frontière entre les deux pays grâce à un accord bilatéral.

Ils craignent que ce mur, promis par le président américain pour lutter contre l'immigration clandestine et le narcotrafic, ait un impact très négatif sur le quotidien de leur tribu, qui compte environ 3000 membres dans la région.

Dans leur requête auprès de la CIDH, ils demandent le respect de l'article 36 de la Déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones qui consacre notamment leur «droit d'entretenir et de développer (...) des contacts, des relations et des liens de coopération avec leurs propres membres», lorsque leurs terres se trouvent de part et d'autre d'une frontière internationale.

La CIDH, basée à Washington, est un organe consultatif de l'Organisation des États américains (OEA). Elle produit notamment des rapports sur la situation des droits de l'homme sur le continent et produit des recommandations.