La Caroline-du-Nord a fait machine arrière mardi sur une loi jugée discriminatoire envers les personnes transgenres, le gouverneur de cet État cédant face à la mobilisation croissante de personnalités et d'entreprises dont le géant bancaire Deutsche Bank.

Publié le 12 avr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans un message vidéo, le gouverneur républicain Pat McCrory a indiqué avoir restreint par décret le champ d'application du texte controversé, promulgué fin mars, qui impose l'utilisation de toilettes publiques correspondant à l'identité sexuelle à la naissance.

Cette loi reste valide dans les écoles ou les bâtiments administratifs, a précisé M. McCrory.

En revanche, «le secteur privé est libre d'appliquer ses propres règles concernant les toilettes, les vestiaires et/ou les salles de douches», a-t-il dit.

Il a annoncé cette réforme quelques heures seulement après que Deutsche Bank, premier groupe bancaire allemand, a indiqué geler la création prévue de 250 emplois en Caroline du Nord, en raison de cette loi.

Cette décision est due «à la loi promulguée le 23 mars qui invalide les protections existantes des droits des citoyens homosexuels, bisexuels et transgenres dans certaines municipalités et qui empêche les municipalités d'adopter de telles protections à l'avenir», avait fait savoir Deutsche Bank dans un communiqué mardi.

«La Caroline-du-Nord accueille avec fierté toutes les personnes qui viennent vivre, travailler ou visiter notre grand État», a au contraire assuré le gouverneur McCrory.

Deutsche Bank, qui emploie quelque 900 personnes en Caroline-du-Nord, s'était ainsi joint à la mobilisation d'un nombre croissant d'entreprises, d'organisations sportives et de spectacles contre la loi baptisée HB2.

La star du rock Bruce Springsteen avait annulé vendredi un concert prévu en Caroline-du-Nord pour dénoncer la loi.

PHOTO REUTERS