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Rébellion républicaine en Virginie

La défaite d'Eric Cantor (ci-dessus), face à l'obscur... (PHOTO MANDEL NGAN, ARCHIVES AFP)

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La défaite d'Eric Cantor (ci-dessus), face à l'obscur David Brat constitue un véritable coup de tonnerre chez les républicains.

PHOTO MANDEL NGAN, ARCHIVES AFP

Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Les électeurs de la 7e circonscription de Virginie ont créé mardi une des plus grandes surprises de l'histoire électorale des États-Unis. Contre toute attente, ils ont éconduit Eric Cantor, leader de la majorité à la Chambre des représentants, et lui ont préféré David Brat, obscur professeur d'économie, à l'occasion d'une primaire républicaine. Comment expliquer cette défaite qualifiée de «stupéfiante» par la plupart des observateurs? Voici quatre mots pour la comprendre.

Tea Party

Néophyte de la politique, David Brat a certes joui de l'appui de militants locaux du Tea Party, mais les groupes nationaux associés à ce mouvement populiste et ultraconservateur ont refusé de l'appuyer, car ils ne le croyaient pas en mesure de battre Eric Cantor. L'ironie veut que la défaite du numéro deux des républicains à la Chambre des représentants ait été interprétée comme une grande victoire pour le Tea Party. Il s'agit assurément d'un désaveu des électeurs de la 7e circonscription de Virginie, située en banlieue de Richmond, capitale de l'État, à l'égard du statu quo à Washington et de l'establishment républicain, qui s'était promis de «tuer» le Tea Party.

Immigration

David Brat a fait campagne en accusant Eric Cantor d'être trop prompt à faire des compromis avec les démocrates sur l'immigration. Il a notamment reproché au principal lieutenant de John Boehner, président de la Chambre des représentants, de prôner une politique d'«amnistie» à l'égard des clandestins, un refrain répété par ses admirateurs dans les médias conservateurs. Il n'est pas certain que cette question ait été déterminante dans le résultat de mardi. Après tout, Brat a également parlé de rigueur budgétaire, de corruption financière et de foi religieuse. Mais il demeure que son triomphe signifie que l'adoption d'une réforme de l'immigration à Washington sera difficile, voire impossible, d'ici 2016.

Radicalisation

Élu pour la première fois à la Chambre des représentants en 2001, Eric Cantor n'avait rien d'un républicain modéré. Il a même défendu les positions des élus issus du Tea Party dans les bras de fer des dernières années entre le Congrès et la Maison-Blanche. Plusieurs analystes lui ont d'ailleurs attribué l'échec des négociations budgétaires de l'été 2011 entre Barack Obama et John Boehner. La défaite de l'unique élu juif du Parti républicain au Congrès laisse donc prévoir une radicalisation de cette formation politique. Cantor a annoncé hier qu'il démissionnerait en juillet de son rôle de leader de la majorité. Il devrait être remplacé par un républicain encore plus conservateur que lui.

Mi-mandat

Les primaires tenues en Virginie et dans plusieurs autres États au cours des dernières semaines précèdent les élections dites de mi-mandat, qui renouvelleront en novembre les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers des sièges du Sénat. La victoire de David Brat ne devrait rien changer à la donne. Que Brat gagne ou perde contre son adversaire démocrate, Jack Trammell, les républicains conserveront leur majorité à la Chambre. Ils ont par ailleurs de bonnes chances de devenir également majoritaires au Sénat. En radicalisant encore davantage l'image des républicains, la victoire de Brat pourrait cependant nuire à leur parti à l'occasion de la prochaine élection présidentielle, en 2016.




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