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Au tour du Texas de reporter une exécution

Robert James Campbell invoque qu'il devrait avoir le... (PHOTO RICHARD CARSON, ARCHIVES REUTERS)

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Robert James Campbell invoque qu'il devrait avoir le droit de connaître l'identité du laboratoire qui fournira les produits qui lui seront injectés pour l'exécution qui doit avoir lieu peu après 18 h au pénitencier de Huntsville, au Texas.

PHOTO RICHARD CARSON, ARCHIVES REUTERS

Chantal VALERY
Agence France-Presse
Washington

Une exécution prévue au Texas mardi a été reportée sine die, deux semaines après la longue agonie d'un condamné à mort en Oklahoma qui avait rouvert la bataille entre partisans et opposants de la peine capitale aux États-Unis.

L'exécution de Robert James Campbell, dont l'injection létale était programmée à 19h00, est «suspendue», le temps de se prononcer sur son éventuel handicap mental, qui empêcherait de le condamner à la peine capitale en vertu de la Constitution, a statué une cour d'appel du sud des États-Unis, deux heures avant l'exécution.

Les trois juges d'appel fustigent le Texas qui «n'a jamais révélé qu'il avait en sa possession les résultats de trois tests d'intelligence montrant que Campbell était intellectuellement déficient».

«Etant donné le propre rôle de l'État dans les circonstances regrettables qui ont conduit à la décision d'aujourd'hui, il est temps que le Texas renonce à son obstination à vouloir exécuter M. Campbell et résolve cette affaire en commuant la sentence en réclusion à perpétuité», a réagi son avocat Robert Owen.

La défense du prisonnier avait joué plusieurs cartes pour obtenir ce sursis, en s'appuyant sur les protestations quasi-unanimes qu'avait soulevé la longue agonie d'un condamné à mort, le 29 avril en Oklahoma.

«Personne ne veut voir se répéter ce qui s'est passé en Oklahoma, cela a heurté les consciences» et rouvert les discussions dans la presse et en politique, a déclaré à l'AFP Richard Dieter, directeur du Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

Robert James Campbell a été trouvé coupable d'avoir assassiné... (PHOTO HOUSTON CHRONICLE) - image 2.0

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Robert James Campbell a été trouvé coupable d'avoir assassiné une caissière d'une banque, à Houston, en 1991.

PHOTO HOUSTON CHRONICLE

Clayton Lockett avait succombé apparemment dans une grande souffrance 43 minutes après l'injection d'un tout nouveau cocktail létal, contre une dizaine de minutes habituellement.

Barack Obama, qui se dit favorable à la peine capitale pour certains crimes, avait qualifié cette exécution de «profondément dérangeante» et chargé son ministre de la Justice de conduire une révision complète des procédures d'exécution dans les 32 États américains qui autorisent la peine capitale.

Dans la foulée, la Chambre des représentants du New Hampshire a annoncé qu'elle allait organiser un nouveau vote sur l'abolition du châtiment suprême, qui n'est plus en vigueur dans 18 États américains et à Washington.

Accédant aux nombreux appels, l'Oklahoma a de son côté décrété un moratoire de six mois sur les exécutions, le temps de revoir ses méthodes.

Chape de plomb 

Dans le concert de commentaires, le gouverneur républicain du Texas Rick Perry s'est au contraire dit «convaincu que les exécutions au Texas sont gérées de manière appropriée», persistant à défendre la procédure de son État, qui a recours à un seul barbiturique à dose létal, contre trois produits en Oklahoma.

Un récent rapport d'experts réunis par le Constitution Project préconise l'injection d'une seule substance pour minimiser le risque de souffrances.

En outre, «la Constitution ne requiert pas l'élimination de tout risque de souffrances», arguait aussi l'avocat du Texas dans un document judiciaire.

Mais un des prédécesseurs démocrates de M. Perry, Mark White juge que «le système comporte de sérieux défauts». «J'étais convaincu que nous faisions du bon boulot, je n'en suis plus si sûr», a-t-il souligné, en fustigeant l'exécution «cruelle, inhumaine, mauvaise» de l'Oklahoma.

Estimant qu'on oubliait trop souvent les victimes, la gouverneure républicaine de l'Oklahoma Mary Fallin a défendu «l'exécution légale» de Clayton Lockett, rappelant qu'il avait été condamné à mort pour le viol d'une jeune femme et le meurtre d'une autre, enterrée vivante.

Campbell, 41 ans, a été pour sa part condamné à mort pour l'enlèvement en 1991 d'une jeune employée de banque à une station service, puis son viol et son meurtre.

Ses avocats ont aussi exploité un dénominateur commun avec l'Oklahoma: la chape de plomb maintenue sur l'origine et le procédé de fabrication des produits utilisés pour les injections létales, depuis que l'approvisionnement pour les exécutions humaines est devenu extrêmement ardu aux États-Unis en l'absence de fabricants officiels.

Les avocats de M. Campbell, tout comme plusieurs de leurs confrères précédemment, en ont appelé à la Cour suprême des États-Unis pour mettre fin au secret d'État en matière d'injection létale.

La haute Cour ne rendra sa décision qu'en fin de semaine, au plus tôt, mais elle pourrait en profiter pour statuer une fois pour toutes sur cette controverse.




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