Warren Hill, un condamné à mort reconnu comme «attardé mental», ne sera pas exécuté ce vendredi soir en Géorgie comme initialement prévu.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous sommes profondément soulagés que Warren Hill ne soit pas exécuté ce soir», a indiqué dans un communiqué Brian Kammer, l'avocat du condamné.

Un sursis à exécution avait été prononcé jeudi par un tribunal du comté de Fulton et aucun recours n'a été déposé par l'État de Géorgie ce vendredi.

Ce recours, en cas de succès, aurait pu confirmer l'exécution, prévue originellement à 19h à la prison de Jackson.

Lauren Kane, porte-parole du ministre de la Justice de Géorgie Sam Olens, a indiqué au journal local CL Atlanta qu'un recours de l'État ne serait pas présenté avant au moins lundi.

L'exécution de Warren Hill, 52 ans, condamné en 1991 pour le meurtre d'un prisonnier dans la centrale de Géorgie où il purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour le meurtre de sa compagne, a déjà été reportée cinq fois: en juillet de l'année dernière, en février, et trois fois cette semaine.

Gail Tusan, juge du tribunal du comté de Fulton, avait prononcé jeudi un sursis à exécution, estimant qu'une récente loi de Géorgie concernant le produit injecté qui donne la mort, ne respectait pas tous les droits du condamné et lui causait «un tort irrémédiable».

Pour la défense, cette loi qui permet à l'État de Géorgie de garder secrète l'origine du pentobarbital, le produit injecté pour donner la mort, fait courir le risque à son client d'être soumis à des produits périmés qui provoquent une souffrance inutile.

Ce produit est difficile à trouver depuis que de nombreux fabricants européens refusent d'en vendre à des fins d'exécution et il est confectionné par des laboratoires qui ne sont pas identifiés.

La polémique autour de l'exécution de Warren Hill se concentre sur le fait qu'il a été déclaré «attardé mental», le terme juridique employé par tous les médecins qui l'ont officiellement examiné.

La défense a également déposé un recours devant la Cour suprême des États-Unis, qui a jugé en 2002 que l'exécution de personnes souffrant de troubles mentaux était contraire à la Constitution.

Ce diagnostic n'avait pas été reconnu par la justice de Géorgie au moment de sa condamnation.

De nombreuses organisations, de malades ou de médecins, ainsi que des personnalités comme l'ex-président américain Jimmy Carter, de même que la famille de la victime elle-même, ont appelé à commuer la condamnation à mort de M. Hill en réclusion à perpétuité.