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Amanda Knox: «Je veux que les gens sachent tout»

Amanda Knox, lors d'une entrevue accordée à la... (PHOTO REUTERS)

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Amanda Knox, lors d'une entrevue accordée à la chaîne américaine ABC, mardi.

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Yves Schaeffner

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Un an et demi après être sortie de prison et avoir été innocentée du meurtre crapuleux de la jeune Meredith Kercher en Italie, l'Américaine Amanda Knox revient pour la première fois sur cette affaire rocambolesque dans un livre à paraître. Elle s'est confiée à La Presse sans retenue.

Sagement assise dans un bureau de son éditeur à New York, dans un immeuble de Midtown, Amanda Knox ne cache pas que les dernières années, dont près de quatre passées en prison en Italie, l'ont transformée. «Je suis beaucoup plus sérieuse, moins extravertie et bien plus hantée maintenant», dit-elle. Peut-être plus posée aujourd'hui, elle n'en est pas moins volubile.

Comme quelqu'un qui n'a pas pu parler pendant près de six ans, elle a beaucoup à dire. Elle veut que les gens entendent enfin, pour la première fois, sa version des faits. «Je veux que les gens sachent tout sur moi et mon expérience pour leur permettre de me juger. Dans le livre, j'ai parlé de ma vie sexuelle, des drogues que j'ai prises, de ma relation avec Meredith, de ce que j'ai vécu lors de mon interrogatoire. J'ai parlé de tout», affirme-t-elle.

Il est vrai que de son nombre de partenaires sexuels (sept à l'époque) jusqu'à sa consommation de cannabis («dans la villa, on consommait aussi facilement de la marijuana que des pâtes») en passant par ses pensées suicidaires en prison ou l'origine anodine de son surnom Foxy Knoxy, Amanda Knox n'est pas avare de détails dans son livre.

Son désir le plus cher? Que les gens concluent que le personnage de dangereuse séductrice assoiffée de sexe et de sang décrit par la poursuite italienne durant ses procès était une construction. «Je me suis fait traiter de sorcière, de démone, de Judas, de menteuse, de prostituée dans la salle du tribunal! Et cela a été utilisé pour me juger et décider si j'avais commis un meurtre ou pas», dit-elle avec de petits étranglements dans la voix.

Se présentant comme une jeune Américaine un peu immature et naïve (elle n'avait que 20 ans à son arrivée à Pérouse), elle dit comprendre comment certains de ses comportements après l'assassinat de l'Anglaise Meredith Kercher ont pu être interprétés comme insensibles.

Un portrait «exagéré»

«Les policiers ont clairement indiqué qu'ils trouvaient mon comportement inapproprié et qu'ils ont immédiatement eu des soupçons à mon égard. Ils ont décrit des baisers [avec son petit ami et coaccusé Raffaele Sollecito], ils m'ont décrite en train de rire, de faire la roue. Ce que j'ai à dire à ce sujet: il est vrai que j'ai fait beaucoup de ces choses, mais la manière dont ils les ont décrites est exagérée et trompeuse», soutient-elle.

«Ils avaient besoin de me décrire comme quelqu'un capable de commettre le meurtre brutal qui a été commis contre mon amie, dit-elle. Ils ont complètement ignoré tous les aspects de moi qui étaient normaux et qui me ressemblaient vraiment», ajoute-t-elle.

Naturellement, elle se dit en colère contre les enquêteurs et la poursuite. «Je pense qu'ils ont été non professionnels. Et cela me déroute de voir comment ils n'ont prêté aucune attention à mes droits ou à ma vie», tonne-t-elle.

À ses yeux, il ne fait aucun doute que la police avait décidé de sa culpabilité avant même d'ouvrir son enquête. Les détectives auraient ensuite cherché à trouver des preuves pour étayer leur théorie. Ces preuves, notamment son ADN trouvé sur un couteau de son petit ami, ont par la suite été démontées par des experts indépendants.

Un autre procès

Quand elle écrivait son livre, Amanda Knox espérait que ce dernier allait être publié une fois que toute l'histoire serait derrière elle. La publication avait même été planifiée pour attendre que la Cour de cassation italienne rende son verdict sur la demande d'appel de la poursuite. Sauf que le 26 mars dernier, la cour a décidé de permettre un autre procès.

Amanda Knox ne cache pas que la nouvelle l'a abasourdie. «Je ne pouvais même pas parler», assure-t-elle. Ce procès se fera sans sa présence. Elle se dit convaincue d'être de nouveau acquittée, mais l'idée de repasser à travers toute l'affaire la démoralise.

De retour à Seattle depuis son acquittement, le 3 octobre 2011, elle a tenté de retrouver un semblant de normalité. Elle a un nouvel appartement, un nouveau copain et elle étudie en création littéraire.

Son livre, qui lui aurait valu un cachet frisant les 4 millions de dollars, lui permet tout à la fois de voir les choses venir et d'aider sa famille, qui a dépensé plus de 1,5 million pour l'accompagner dans sa défense. «Et ce n'est pas fini», se désole-t-elle.




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