Au coeur d'une capitale déchirée par de profondes divisions politiques, Barack Obama a lancé hier midi son second mandat à la Maison-Blanche en appelant les Américains à s'unir autour de l'idéal d'égalité défendu par les pères fondateurs des États-Unis et inscrit dans leur Déclaration d'indépendance.

Mis à jour le 22 janv. 2013
Richard Hétu, collaboration spéciale AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il appartient maintenant à notre génération de poursuivre ce que ces pionniers ont commencé», a déclaré le 44e président lors d'un discours d'investiture aux accents résolument progressistes qui illustre peut-être l'approche plus combative qu'il entend adopter au cours des quatre prochaines années.

«Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos femmes, nos mères et nos filles ne pourront gagner leur vie comme le méritent leurs efforts. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nos frères et soeurs gais ne seront pas traités comme tout le monde par la loi. Notre voyage ne sera pas terminé tant que nous n'aurons pas trouvé une meilleure façon d'accueillir les immigrés pleins d'espoir qui voient les États-Unis comme le pays du possible», a-t-il ajouté après avoir prêté serment pour la deuxième fois en autant de jours.

Barack Obama, 51 ans, est ainsi devenu le premier président américain à prononcer le mot «gai» lors d'un discours d'investiture. La veille, il avait été assermenté pour la première fois lors d'une courte cérémonie à la Maison-Blanche, histoire de se conformer à la Constitution américaine, qui fixe au 20 janvier à midi la date et l'heure précises du début des mandats présidentiels.

Excédé par les républicains

Quatre ans après être entré dans l'histoire en tant que premier président noir, il a donné l'impression d'être à la fois pressé d'accomplir ses objectifs politiques et excédé par son opposition républicaine.

«Nous ne pouvons pas nous permettre de retard», a-t-il dit au cours d'un discours de 19 minutes prononcé par un temps gris et frisquet. «La prospérité de l'Amérique doit reposer sur les larges épaules de la classe moyenne. Nous ne pouvons nous méprendre en instituant l'absolutisme comme principe, en substituant le spectacle à la politique ou en faisant de l'échange d'injures un débat raisonnable. Nous devons agir, sachant que notre oeuvre sera imparfaite.»

Barack Obama n'a pas donné de détails sur les politiques qu'il entend promouvoir au cours des quatre prochaines années. Il devrait mettre à profit son discours sur l'état de l'Union, prévu le 12 février, pour présenter ses plans afin de combattre les déficits, réduire la violence attribuable aux armes à feu et réformer le système de l'immigration, entre autres.

Mais le président a créé une certaine surprise, hier, en parlant de façon plus détaillée de changements climatiques, un sujet qu'il avait largement ignoré lors de sa dernière campagne présidentielle.

«Nous répondrons à la menace du changement climatique en gardant à l'esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures. Certains peuvent continuer de nier le jugement écrasant de la science, mais personne n'échappe à l'impact dévastateur des incendies ravageurs, des sécheresses graves et des tempêtes toujours plus puissantes», a-t-il affirmé, en promettant de continuer à encourager les énergies renouvelables.

Un million de spectateurs

La deuxième cérémonie d'investiture de Barack Obama n'a pas attiré une foule aussi considérable que la première, à laquelle 1,8 million de spectateurs avaient assisté. Un responsable de la cérémonie d'hier a estimé à environ 1 million le nombre de spectateurs qui se sont retrouvés sur le National Mall. Certains observateurs ont cru percevoir moins d'enthousiasme parmi eux, mais ils n'ont sans doute pas rencontré Phyllis Stoolmacher, électrice démocrate du New Jersey.

«J'ai adoré cette investiture pour deux raisons, a déclaré la femme de 66 ans. D'abord à cause de la nature historique de l'événement. C'était ma première investiture et peut-être ma dernière. Et ensuite parce que je suis très enthousiaste et optimiste à propos du président Obama. Étant responsable d'une banque alimentaire près de Princeton, je suis très heureuse de sa volonté de combattre les inégalités dans notre pays.»