On l'a déjà vu! C'est ce qu'on réalise quand on a le nez sur ce portrait de profil de Djimon Hounsou, une pieuvre sur la tête. Ou cette photo d'un Richard Gere très jeune, en jeans et camisole, cigarette au bec, mains derrière la tête, biceps exposés, bien campé dans une station-service crade de San Bernardino, mauvais garçon façon Marlon Brandon. Ou celle-ci de Madonna, telle qu'on l'a découverte sur la pochette de True Blue.

Sonia Sarfati LA PRESSE

Pour les amateurs de mode et de photos de mode, Naomi Campbell, Cindy Crawford, Linda Evangelista et Christy Turlington s'exposent d'inoubliables manières. Quant aux corps du plongeur Greg Louganis, de la sprinteuse Jackie Joyner-Kersee et d'autres athlètes, ils sont ici traités en oeuvres d'art, ce qui leur donne les dimensions mythiques de dieux grecs. Et, encore une fois, plusieurs de ces clichés ne nous sont pas inconnus.

Herb Ritts (mort du sida en 2002, à 50 ans) et ses photographies font partie de notre vie. Présentée au musée Getty jusqu'au 26 août, l'exposition Herb Ritts: L.A. Style est une fenêtre sur le travail que le photographe a accompli dans les années 80 et 90, principalement dans la cité des Anges.

Au total, 87 clichés en noir et blanc (dont 20% sont exposés pour la première fois) choisis avec le soin que l'on imagine dans 1200 boîtes d'archives. On y (re)découvre la manière unique du photographe d'utiliser les accessoires et d'intégrer les paysages, des plus urbains aux eaux du Pacifique léchant les plages, à des clichés qu'il prenait de préférence entre 15h et 18h, parce que la mythique lumière «angelinienne» y était au mieux.

À l'exposition principale s'ajoute Portraits of Renown: Photography and the Cult of Celebrity, qui présente des portraits célébrissimes d'Andy Warhol, d'Edgar Allan Poe, de Josephine Baker ou encore de Marilyn Monroe «trafiquée» en Mao par Philippe Halsman et Salvador Dali. Il vaut le coup de s'y attarder afin de découvrir les techniques utilisées par les Nadar et baron Aldolf de Meyer alors que l'art de la photographie se pratiquait avec d'autres moyens et esthétiques.

Et puis, une fois la visite terminée, il est impensable de quitter les lieux sans prendre le temps de faire une virée dans les salles abritant la collection permanente du musée ou de s'attarder sur les terrasses qui donnent une vue spectaculaire sur Los Angeles.

Herb Ritts: L.A. Style au J. Paul Getty Museum jusqu'au 26 août. Info: www.getty.edu