Les États du G8 ne doivent pas renoncer à leurs engagements pour la sécurité alimentaire mondiale et laisser le secteur privé tout gérer, a mis en garde mercredi l'organisation non gouvernementale Oxfam à deux jours de l'ouverture du sommet de Camp David aux États-Unis.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Face au défi de la lutte contre la faim dans le monde, les pays du G8 ne doivent pas tourner le dos à leurs engagements financiers, substituer les financements privés aux politiques publiques et favoriser les intérêts de quelques multinationales au détriment des priorités des pays pauvres qu'ils sont censés aider», estime Sébastien Fourmy d'Oxfam France.

«Les pays du G8 ne doivent pas renoncer à poursuivre les engagements pris il y a trois ans lors du sommet du G8 de l'Aquila, pour se reposer uniquement sur un secteur privé soudainement présenté comme la panacée face à l'insécurité alimentaire», ajoute l'ONG dans un communiqué.

Lors du sommet qui se déroule vendredi et samedi, le président américain Barack Obama doit présenter une nouvelle opération pour améliorer le développement agricole en Afrique, invitant à cet effet les dirigeants béninois, éthiopien, ghanéen et tanzanien.

Oxfam estime que cette proposition repose sur «l'idée fausse qu'augmenter la production agricole résoudra le problème de la faim, de la pauvreté, et, plus généralement du développement dans le monde, et que le secteur privé a un rôle fondamental à jouer dans ce domaine».

La France doit notamment exiger de ses partenaires du G8 une prochaine période d'engagements financiers au moins égale à celle prise il y a trois ans lors du sommet de l'Aquila, souhaite Oxfam.

En juillet 2009 au sommet de L'Aquila en Italie, le G8 et d'autres pays invités s'étaient engagés à mobiliser 20 milliards de dollars sur trois ans afin de lutter contre la faim dans le monde en investissant pour développer l'agriculture dans les pays du Sud. Parmi les principaux contributeurs figuraient les États-Unis, le Japon, l'Union européenne, la France et les Pays-Bas.

À Camp David, les États devront indiquer dans un rapport combien ils ont réellement donné sur les trois dernières années.