Elle pourrait un jour être éclipsée par Sarah Palin, l'autre héroïne du Tea Party. Mais depuis hier, Michele Bachmann est la seule et unique femme à briguer officiellement l'investiture républicaine en vue de l'élection présidentielle de 2012 aux États-Unis, un objectif qu'elle espère atteindre avec l'aide du mouvement populiste et conservateur qui a transformé son parti.

Richard Hétu, collaboration spéciale LA PRESSE

«Je brigue la présidence non pas par vanité, mais parce que l'Amérique se trouve à un moment crucial. Je crois que nous devons faire un choix audacieux si nous voulons préserver la promesse de notre avenir», a déclaré la représentante du Minnesota lors d'un discours prononcé devant un édifice historique de Waterloo, ville d'Iowa où elle a vu le jour, il y a 55 ans.

Reconnue pour ses positions et déclarations controversées, Michele Bachmann représenterait certes un choix audacieux pour le Parti républicain. Un animateur de la chaîne d'information conservatrice Fox News a d'ailleurs fait allusion à sa réputation dimanche en lui demandant si elle était «fêlée», une question pour laquelle il s'est plus tard excusé.

La favorite des évangélistes

Mais Bachmann, politicienne aussi photogénique que prolixe, pourrait bien l'emporter en Iowa, l'État qui tiendra en 2012 le premier test électoral de la course à la Maison-Blanche, et où un autre politicien hors normes, Barack Obama, a entamé son ascension en 2008.

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Cette mère de cinq enfants, élue à la Chambre des représentants en 2006, n'est pas seulement populaire auprès des militants du Tea Party. Sa lutte farouche contre l'avortement et le mariage homosexuel en fait également une des favorites des évangélistes, qui jouent un rôle important dans les caucus du Parti républicain en Iowa.

Le sérieux de la candidature de Michele Bachmann dans cet État rural du Midwest a été confirmé par un sondage publié ce week-end dans un journal local. Le baromètre donnait la représentante du Minnesota au coude à coude avec le grand favori de la course à l'investiture républicaine, Mitt Romney, qui ne la devançait que d'un point, avec 23% des intentions de vote exprimées.

En plus de se poser en championne des valeurs chrétiennes, l'égérie du Tea Party promet de s'attaquer aux déficits, de réduire le rôle de l'État et d'abroger la réforme du système de santé promulguée par Barack Obama.

Mais son ascendant sur le Tea Party pourrait être contesté non seulement par Sarah Palin, mais également par le gouverneur du Texas Rick Perry, qui songe également à briguer la présidence.