Huit skieurs ont été blessés et plus de 200 autres sont restés coincés en hauteur lorsque le télésiège dans lequel ils se trouvaient a déraillé, mardi, dans une station de ski du Maine, sur la côte est américaine.

Catherine Handfield LA PRESSE

L'accident est survenu vers 10h30 à la station Sugerloaf, à Carrabassett Valley, ville située à environ 315 km à l'est de Montréal. Fréquentée par les Québécois, cette montagne de 1300 m d'altitude est la deuxième plus haute du Maine.

Selon les premières constatations, le câble d'un télésiège à deux places s'est détaché d'un pylône alors que de forts vents balayaient la région. Cinq sièges ont fait une chute d'une dizaine de mètres avant de percuter le sol enneigé. Les huit skieurs blessés ont été conduits dans un hôpital de la région, dont un par hélicoptère. Ils seraient tous hors de danger, selon la direction de la station de ski.

Rebecca London, l'une des personnes qui ont chuté, a raconté à l'Associated Press qu'elle a atterri en douceur parce que la dameuse n'était pas passée sous le télésiège.

En tombant, son visage a percuté la barre de sécurité, mais ses lunettes de ski l'ont protégée. Elle n'a pas eu besoin d'aller à l'hôpital. «La plupart des skieurs qui sont tombés semblaient étourdis», a-t-il dit.

Jay Marshall se trouvait dans un télésiège parallèle lorsque le déraillement s'est produit. Il a affirmé à l'Associated Press que les deux télésièges s'étaient arrêtés en même temps. Le sien est reparti, mais l'autre est resté immobile.

M. Marshall a alors entendu un «fort bruit sec» suivi de cris. «Certains skieurs sont tombés de leur siège, a dit M. Marshall. Honnêtement, je ne voulais pas voir. J'étais terrifié.»

Les patrouilleurs de la station ont graduellement évacué les quelque 220 passagers du télésiège. En début d'après-midi, la direction de Sugarloaf a publié un communiqué dans lequel elle indiquait que l'opération de sauvetage avait été complétée avec succès.

Le Bureau de sécurité du Maine a ouvert une enquête. «La cause de l'incident est toujours inconnue», a précisé la direction de la station de ski.

Le télésiège a été installé en 1975 et modifié en 1983. Selon la station, il était inspecté chaque semaine et a fait l'objet d'un entretien régulier.

Des accidents rares

Bien que malheureux, ce genre d'accident demeure très rare, selon Claude Péloquin, président-directeur général de l'Association des stations de ski du Québec. Selon lui, les stations de ski du Québec n'ont connu aucun déraillement semblable depuis 20 ans.

«Habituellement, une remontée mécanique aérienne possède un attrape-câble, un dispositif qui permet de retenir le câble lorsqu'il déraille», a expliqué M. Péloquin. Au Canada comme aux États-Unis, les stations sont tenues de respecter des normes de sécurité strictes.

Comment un tel accident peut-il se produire, alors? Sans présumer des conclusions de l'enquête, Claude Péloquin souligne que le vent est un facteur qui doit être pris en considération dans l'opération d'un télésiège.

«Quand les vents sont trop importants, l'opérateur de la chaise peut réduire la vitesse ou même fermer la remontée», a-t-il expliqué.

M. Péloquin souligne que les remontées mécaniques plus récentes sont dotées d'un appareil qui permet de ralentir automatiquement lorsque le vent souffle trop fort.