Le président des États-Unis Barack Obama a reçu mardi Bill Gates et Warren Buffett, ses compatriotes les plus riches, qui se sont engagés à donner la majorité de leur argent à des oeuvres, a annoncé la Maison-Blanche, en plein débat sur la fiscalité des plus aisés.

Publié le 14 déc. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le président Obama a rencontré Bill et (son épouse) Melinda Gates, ainsi que Warren Buffett dans le Bureau ovale ce matin», a précisé un responsable de la présidence sous couvert de l'anonymat.

De même source, M. Obama voulait discuter avec les Gates et M. Buffett de l'initiative qu'ils ont lancée l'été dernier visant à inciter les milliardaires à faire don de la moitié de leur fortune à des organismes de philantropie.

Le président et les milliardaires ont aussi évoqué «des idées pour faire croître l'économie et rendre les États-Unis plus compétitifs, en investissant notamment dans l'enseignement (...) et dans des secteurs innovants», a précisé ce responsable.

M. Buffett, à la tête d'une fortune estimée à 47 milliards de dollars, a promis de se défaire de 99% de son capital pour en faire don à des oeuvres philanthropiques de son vivant ou à sa mort. Selon le magazine Forbes, M. Gates «pèse» quant à lui quelque 54 milliards de dollars.

Cette rencontre intervient alors que le Congrès américain examine le compromis fiscal conclu entre M. Obama et les républicains, qui prolonge de deux ans les allégements d'impôts consentis aux Américains, dont les plus riches, sous la présidence du républicain George W. Bush.

M. Obama, qui s'était opposé à la poursuite d'une fiscalité clémente envers les plus aisés, a défendu un tel compromis en soulignant qu'il permettait également de soulager la classe moyenne et de prolonger jusqu'à fin 2011 le versement des allocations de chômage.

M. Buffett avait affirmé fin novembre que «les gens dans le haut de la fourchette, les gens comme moi, devraient payer beaucoup plus d'impôts», en balayant les arguments des républicains selon lesquels l'expiration des cadeaux fiscaux pour les hauts revenus nuirait à la croissance.