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Dix questions sur le Tea Party

Un admirateur de George Washington lors d'un rassemblement... (Photo: The New York Times)

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Un admirateur de George Washington lors d'un rassemblement du Tea Party dans la capitale américaine. Le mouvement populiste se réclame du Boston Tea Party, événement symbolique de la révolution américaine.

Photo: The New York Times

(New York) La Presse répond à 10 questions essentielles sur le Tea Party, mouvement ultraconservateur qui a réalisé une nouvelle percée lors des primaires d'avant-hier, aux États-Unis. Des gains qui inquiètent l'establishment du Parti républicain, à l'aube des élections de mi-mandat.

1. Où et quand est né le mouvement Tea Party?

Plusieurs militants du Tea Party attribuent à une blogueuse de Seattle, Keli Carender, l'organisation d'une des premières manifestations du mouvement qui allait emprunter un nom évoquant le Boston Tea Party, étape cruciale de la révolution américaine. Mettant à profit les ressources de l'internet, Carender a convaincu 120 personnes, le 16 février 2009, de descendre dans la rue pour protester contre le plan de relance économique de 787 milliards de dollars que Barack Obama devait promulguer le lendemain. Le 19 février 2009, Rick Santelli, journaliste de la chaîne financière CNBC, allait donner une dimension nationale à ce mouvement en gestation lors d'une diatribe devenue célèbre sur YouTube contre la décision du président de débloquer 75 milliards de dollars pour aider les propriétaires endettés à éviter la saisie de leur maison. Son idée de protester contre cette mesure en organisant un «Tea Party» à Chicago, où il se trouvait, allait faire boule de neige et donner au mouvement son nom.

2. Que veut le Tea Party?

Réduire la taille et le rôle de l'État fédéral, qui se serait arrogé depuis le New Deal de Franklin Roosevelt des pouvoirs que la Constitution du pays réserve aux États, notamment dans le domaine de la santé. D'où la détermination de plusieurs militants du Tea Party d'abroger la réforme du système de santé promulguée par le président Obama et d'éliminer le programme fédéral d'assurance maladie pour les personnes âgées (Medicare). Plusieurs militants, qui se définissent comme des conservateurs ou des libertariens, tentent aujourd'hui de faire élire aux élections de mi-mandat des candidats républicains qui défendent leurs idées.

3. Sarah Palin fait-elle partie du Tea Party?

L'ancienne candidate à la vice-présidence est souvent considérée comme la reine du Tea Party, mais elle n'en fait pas partie. Cela dit, elle a repris à son compte la plupart des critiques formulées par les militants du mouvement à l'encontre des politiques du président Obama. Et son appui à des candidats soutenus par le Tea Party a contribué au succès de plusieurs d'entre eux dans les primaires républicaines en vue des élections de mi-mandat.

4. Quels sont les liens entre Glenn Beck et le Tea Party?

Par l'entremise de ses émissions de radio et de télévision, l'animateur est devenu l'un des principaux promoteurs, organisateurs et penseurs du Tea Party. Plusieurs militants du mouvement citent son influence sur leur décision de s'engager, souvent pour la première fois de leur vie, dans une cause politique. Beck a organisé le 12 septembre 2009 à Washington l'une des plus grandes manifestations du Tea Party. Se décrivant comme un libertarien, il a contribué cette année au succès commercial d'un livre écrit en 1944 par Friedrich Hayek, La route de la servitude, qui dénonce les totalitarismes du XXe siècle -l'hitlérisme et le stalinisme-, auxquels l'animateur de Fox News compare souvent le progressisme du président Obama.

5. Quels sont les candidats-vedettes du mouvement?

La plupart des candidats favoris du Tea Party briguent aujourd'hui des sièges au Sénat des États-Unis sous les couleurs du Parti républicain. On trouve notamment Marco Rubio en Floride, Sharron Angle au Nevada, Christine O'Donnell au Delaware, Joe Miller en Alaska et Rand Paul au Kentucky. Les militants du mouvement sont actifs dans tous les États américains, même dans un bastion démocrate comme New York, où Carl Paladino, leur candidat préféré dans la primaire républicaine pour l'élection au poste de gouverneur, a remporté une victoire étonnante mardi contre l'ancien représentant Rick Lazio.

6. Quel est le portrait démographique de ses supporteurs?

Ils représentent 18% des adultes américains. Ils sont plus riches et plus scolarisés que la population générale. La majorité sont républicains (mais plus conservateurs que la plupart des républicains), blancs, mâles, mariés et âgés de plus de 45 ans. En avril dernier, le portrait démographique des supporteurs du Tea Party ressemblait à ça, selon un sondage réalisé pour le compte du New York Times.

7. Qui le finance?

Le Tea Party n'est pas un mouvement artificiel (astroturf), comme certains de ses détracteurs l'ont prétendu. Mais il reçoit une aide financière, rhétorique et organisationnelle de groupes dont les dirigeants ne sont en rien populistes ou populaires. Un de ces groupes, FreedomWorks, est dirigé par l'ancien numéro deux des républicains à la Chambre des représentants, Dick Armey. Le groupe, dont le slogan est «moins d'impôts, moins de gouvernement, plus de liberté», reçoit son financement de plusieurs sociétés privées et fondations conservatrices, dont Verizon, AT & T et Philip Morris. Un autre groupe, Americans for Prosperity, doit son financement aux frères David et Charles Koch, deux milliardaires du pétrole qui exploitent la ferveur des militants du Tea Party pour faire progresser leurs idées libertariennes, selon une enquête publiée récemment par l'hebdomadaire The New Yorker.

8. Nuit-il au Parti républicain?

Le Tea Party est une arme à deux tranchants. L'enthousiasme de ses militants pourrait aider plusieurs candidats républicains à se faire élire à l'occasion des élections de mi-mandat, qui auront lieu le 2 novembre. Mais le mouvement aura également contribué à la radicalisation du Parti républicain et de ses candidats. Résultat: les républicains pourraient notamment perdre des courses sénatoriales qui leur semblaient acquises - au Nevada, au Kentucky et au Delaware - avant la victoire de candidats favoris du Tea Party dans des primaires républicaines.

9. Est-il raciste?

Selon Kate Zernike, journaliste du New York Times qui vient de faire paraître Boiling Mad, un livre sur le Tea Party, il ne faut pas céder à la tentation de juger le mouvement sur le comportement des quelques protestataires qui brandissent des affiches racistes ou réclament l'acte de naissance de Barack Obama. À son avis, l'attention de la grande majorité des militants est monopolisée par les questions de la dette, des impôts et de la constitutionnalité des lois fédérales.

10. Survivra-t-il aux prochaines élections?

Une performance moins éclatante que prévu des candidats du Tea Party aux élections de mi-mandat ou la reprise économique pourraient refroidir l'enthousiasme des militants du mouvement. Un scénario inverse pourrait évidemment contribuer à un changement de pouvoir à la Maison-Blanche en 2012 et peut-être même mener à l'élection d'un président issu du mouvement populiste.




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