Un influent élu de la Chambre des représentants américaine a appelé lundi à ne pas tenir compte de «rapports périmés» sur le degré de coopération du Pakistan, après la diffusion de dizaines de milliers d'archives secrètes sur la guerre en Afghanistan.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Certains de ces documents impliquent le Pakistan comme aidant les talibans et alimentant l'insurrection en Afghanistan. Il est crucial que nous n'utilisions pas des rapports périmés pour décrire la coopération du Pakistan dans nos efforts en Afghanistan», a indiqué Ike Skelton, le président de la commission de la Défense de la Chambre des représentants, dans un communiqué lundi.

M. Skelton assure que le Pakistan «est depuis monté en puissance de façon significative dans son combat contre les talibans».

L'élu démocrate s'est toutefois déclaré «inquiet» quant à la publication des documents sur le site Wikileaks, qu'il a qualifié d'«imprudente» car elle met en «grave danger» les vies des militaires américains qui se battent sur le terrain.

Mais selon lui, ces fuites «semblent étayer» son opinion sur la guerre en Afghanistan selon laquelle les choses ne fonctionnaient «pas bien». «Nous avions besoin d'une nouvelle stratégie», a-t-il poursuivi.

Au total, environ 92 000 documents remontant à 2004 ont été divulgués dimanche après avoir été transmis au New York Times, au quotidien britannique The Guardian et à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Pour The Guardian, ces documents brossent «un portrait dévastateur d'une guerre en train d'échouer».

De son côté, le sénateur Kit Bond, responsable républicain de la commission du Renseignement du Sénat américain, a vivement réagi lundi en qualifiant de «choquantes» les fuites émanant de personnes qui selon lui «trahissent leur pays».

«Les dégâts sur notre sécurité nationale causé par ces fuites ne s'arrêteront pas tant que nous n'aurons pas plus d'auteurs (de ces fuites) en tenues orange» de prisonniers, a estimé M. Bond.