Le président américain Barack Obama a déclaré mardi que les États-Unis avaient le devoir de s'attaquer aux énormes déficits du pays au nom des générations futures, à l'occasion de la première réunion d'une commission bipartite chargée de proposer des économies.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il est plus facile de dépenser un dollar que d'en économiser un», a remarqué le président dans une brève allocution retransmise en direct par les chaînes de télévision. Mais «l'heure de vérité approche», a-t-il ajouté.

«Nous avons le devoir, envers les générations futures, de nous attaquer aux déficits structurels qui menacent d'enchaîner notre économie et de laisser nos enfants et petits-enfants avec une montagne de dette», a lancé M. Obama.

L'hôte de la Maison-Blanche a appelé la nouvelle commission à passer au peigne fin toutes les dépenses de l'État fédéral à la recherche d'économies possibles.

«Tout doit être sur la table», a-t-il plaidé.

Le déficit budgétaire des États-Unis a atteint un montant record lors de l'exercice 2008-2009, à plus de 1.415 milliards de dollars, soit environ 10% du produit intérieur brut du pays.

La Maison-Blanche prévoit que pour l'ensemble de l'exercice 2009-2010, qui s'achèvera fin septembre, il montera encore, à plus de 1.555 milliards de dollars, du fait des efforts de relance.

Le gouvernement s'est engagé à ramener le déficit budgétaire aux alentours de 4% du PIB à moyen terme, mais n'a encore défini aucune stratégie pour parvenir à cet objectif.

Mardi, le président de la banque centrale (Fred), Ben Bernanke, a averti que la croissance ne suffirait pas à faire baisser le déficit à un niveau acceptable, ce qui laisse entrevoir des hausses d'impôts inéluctables.

«Aucune prévision crédible ne permet de penser que le futur rythme de croissance de l'économie américaine sera suffisant pour réduire (le déficit) sans que l'on modifie profondément la politique budgétaire», a déclaré M. Bernanke lors d'un discours à Washington.

«Il n'y a pas de lois plus simples que celles de l'arithmétique: pour que le budget soit viable, quel que soit le niveau de dépense voulu, les recettes doivent être suffisantes pour soutenir ces dépenses à long terme», a ajouté M. Bernanke, selon le texte de son intervention remis à la presse.

«En même temps, la vitalité économique s'améliore lorsque les impôts ne sont pas excessifs et sont collectés grâce à un système efficace sur le plan économique, équitable et transparent», a estimé le chef de la Réserve fédérale.

«Il existe aujourd'hui un consensus large sur le fait que le Code des impôts américain ne satisfait pas ces critères et doit être réformé», a-t-il ajouté, appelant à une amélioration de l'efficacité économique de la collecte, de son équité et de sa transparence.